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Sahel / AES

AES : l’Alliance des Démocrates du Sahel naît en exil pour défier pacifiquement les juntes

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Une nouvelle organisation politique a vu le jour dans la diaspora sahélienne. Des ressortissants maliens, nigériens et burkinabè réfugiés dans plusieurs pays européens et ouest-africains ont créé l’Alliance des Démocrates du Sahel (ADS), un regroupement se définissant comme une opposition pacifique aux pouvoirs militaires du Mali, du Burkina Faso et du Niger, membres de l’Alliance des États du Sahel (AES). L’ADS dit vouloir « maintenir vivante l’aspiration démocratique des peuples du Sahel » face à l’installation durable des juntes au pouvoir.

Un contexte politique très tendu

Depuis le retrait officiel de l’AES de la CEDEAO en janvier 2024, les tentatives de médiation se sont succédé sans succès : le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye en juillet 2024, puis le président ghanéen John Dramani Mahama en mars 2025, n’ont pu convaincre Bamako, Ouagadougou et Niamey de rejoindre le bloc régional. En juin 2026, la CEDEAO a désigné Lansana Kouyaté, ancien premier ministre de Guinée, comme négociateur en chef auprès des pays de l’AES, sans avanceée notable à ce stade.

Les objectifs de l’ADS : un contre-récit face aux juntes

Selon le manifeste fondateur de l’ADS, l’organisation entend structurer une opposition civile cohérente, mettre en réseau les diasporas sahéliennes en Europe, en Amérique du Nord et dans les pays de la CEDEAO, et alimenter des plaidoyers auprès des institutions internationales (Nations Unies, Union africaine, Union européenne). L’ADS rejette toute forme de collaboration avec des puissances étrangères visées par les juntes, affirmant se placer uniquement sur le terrain des droits humains et de la gouvernance démocratique.

Un poids politique encore limité mais symboliquement significatif

Observateurs et analystes restent prudents sur l’impact réel de l’ADS dans des pays où les gouvernements de transition bénéficient d’une certaine popularité nationale. Toutefois, la création de cette alliance marque une montée en puissance de la société civile sahélienne en exil, capable de porter ses revendications sur la scène internationale. L’évolution de la situation dépendra en grande partie des transitions politiques annoncées, le Mali ayant esquissé une feuille de route vers des élections civiles sans en préciser le calendrier.

⚠️ Article rédigé par la rédaction de Le Sahel TV · Sources : maliactu.net, von.gov.ng, Jeune Afrique