L’Afrique centrale traverse une période de fortes turbulences politiques et humanitaires. En République démocratique du Congo (RDC), la coalition d’opposition C64 a appelé à une journée « ville morte » le 3 juin 2026 pour protester contre la volonté du camp présidentiel de modifier la Constitution. Parallèlement, l’épidémie d’Ebola en cours à Kinshasa complique davantage la gestion du pays, certains partenaires fermant leurs frontières et suggérant des mesures que l’OMS juge contre-productives. Au Tchad, le conflit soudanais continue de déborder et de saturer les infrastructures sanitaires frontières.
RDC : la question constitutionnelle enflamme l’opposition
Le projet de révision constitutionnelle porté par la majorité présidentielle suscite une vive opposition au sein de la société civile et des formations politiques regroupées dans la coalition C64. Ses leaders estiment que cette révision vise à lever les verrous liés aux mandats présidentiels ou à modifier le système électoral. La journée ville morte du 3 juin a observé une adhésion significative à Kinshasa, Goma et Mbuji-Mayi. Le gouvernement, de son côté, défend une réforme nécessaire à la modernisation des institutions.
Tchad : l’hôpital de Tiné débordé par les victimes du conflit soudanais
Sur la frontière tchado-soudanaise, la situation humanitaire reste critique. L’hôpital de la ville frontière de Tiné, au Tchad, est saturé par l’afflux de blessés fuyant les frappes de drones au Soudan voisin, où le conflit armé entre l’armée soudanaise et les Forces de soutien rapide (FSR) ne montre aucun signe d’apaisement. Les médecins présents sur place signalent des ruptures de médicaments et de matériel chirurgical, les organisations humanitaires peinent à maintenir leur présence dans cette zone d’insécurité croissante.
La CEMAC en quête de stabilité régionale
Malgré ce tableau difficile, les cours des produits de base exportés par la CEMAC (bois, pétrole, cacao) ont progressé au premier trimestre 2026, et des signaux positifs d’investissement arrivent de certains pays. Mais les experts avertissent que la stabilité politique et sécuritaire demeure le préalable indispensable à une croissance durable dans la sous-région. Le prochain sommet de la CEMAC devrait s’emparer de ces dossiers brlants à l’automne 2026.