Dans son dernier rapport sur les perspectives économiques africaines publié en juin 2026, la Banque mondiale maintient ses prévisions de croissance à 4,1 % pour l’Afrique subsaharienne cette année, un rythme stable par rapport à 2025. Ce chiffre masque cependant d’importantes disparités entre les pays de la sous-région. Tandis que le Bénin, l’Éthiopie et la Tanzanie pourraient afficher des croissances supérieures à 6 %, d’autres économies demeurent fragilisées par la dette et l’instabilité politique.
Les moteurs de la croissance africaine en 2026
La Banque mondiale identifie plusieurs moteurs principaux : la consolidation de la consommation des ménages, un environnement monétaire progressivement assoupli grâce à la désinflation, et une demande extérieure en amélioration, notamment de la part des États-Unis (qui ont prolongé l’AGOA jusqu’en fin 2026) et de la Chine (qui a supprimé les droits de douane sur l’ensemble des importations africaines). Le développement du commerce intra-africain dans le cadre de la ZLECAf constitue également un facteur de soutien à la croissance.
Des risques persistants : dette, inflation et fragmentation mondiale
Malgré ces perspectives relativement positives, la Banque mondiale souligne des vulnérabilités importantes. La fragmentation de l’économie mondiale, analysée comme la principale menace dans les « Perspectives économiques en Afrique 2026 », risque de détourner les flux d’investissements des pays africains au profit d’autres économies émergentes. Par ailleurs, l’envolée des prix des carburants et des engrais, combinée à un accès limité au financement externe pour certains pays, maintient sous pression les équilibres budgétaires. Le déficit annuel de financement du développement sur le continent est estimé à 1 300 milliards de dollars.
L’Afrique de l’Ouest et du Centre en légère accélération
Pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre spécifiquement, la Banque mondiale projette une croissance de 4,3 % en 2026, légèrement supérieure à la moyenne continentale. Le Cameroun, la Côte d’Ivoire et le Sénégal tirent leur épingle du jeu grâce à leurs investissements dans les infrastructures et les hydrocarbures. Les experts insistent néanmoins sur la nécessité de renforcer les systèmes fiscaux nationaux et de mobiliser l’épargne domestique pour réduire la dépendance à l’aide extérieure.