LE SAHEL TVL'info africaine 24h/24
← Retour à l'accueil
Santé

HaPSNA à Abidjan : l’Afrique de l’Ouest se mobilise pour renforcer ses systèmes de santé publique

HaPSNA Abidjan santé publique Afrique Ouest réunion 2026

Abidjan a accueilli les 1er et 2 juin 2026 la Réunion régionale du Réseau Africain Santé et Fonction Publique (HaPSNA), un cadre de concertation réunissant des représentants des ministères de la santé et de la fonction publique de plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest. L’événement avait pour objectif de renforcer la coopération entre États africains dans la gestion des ressources humaines en santé et de partager des bonnes pratiques en matière de gouvernance des systèmes de soins publics.

Les ressources humaines en santé, défi prioritaire de la région

La pénurie de personnels de santé qualifiés reste l’un des défis les plus aigus des systèmes de santé publique en Afrique de l’Ouest. L’OMS estime que plusieurs pays de la sous-région disposent de moins d’un médecin pour 10 000 habitants, alors que la norme recommandée est d’au moins 4,45 professionnels de santé (médecins, infirmiers, sages-femmes) pour 1 000 habitants. La féminisation des professions médicales, la formation accelérée d’auxiliaires de santé communautaires et la réduction de l’émigration des soignants vers l’Europe ont été au cœur des débats à Abidjan.

Les leçons tirées des urgences sanitaires récentes

Les crises Ebola en RDC, le mpox au Cameroun et en Guinée, et la pandémie de Covid-19 ont mis en évidence l’urgence d’une coordination supra-nationale pour la veille épidémique et la réponse aux urgences. HaPSNA entend développer un cadre de mobilité des professionnels de santé entre pays membres en cas de crise, sur le modèle de ce qui existe en Europe. Des accords bilatéraux entre la Côte d’Ivoire, le Sénégal, le Mali et le Burkina Faso sont à l’étude pour faciliter ces détachements.

Des engagements concrets en vue du sommet de l’Union africaine

La réunion d’Abidjan a abouti à une déclaration commune appelant les États membres à allouer au moins 15 % de leurs budgets nationaux à la santé, conformément à la Déclaration d’Abuja de 2001 encore trop peu respectée. Les participants ont également plaidé pour l’investissement dans la production locale de médicaments essentiels, afin de réduire la dépendance aux importations. Ces recommandations seront transmises au prochain sommet de l’Union africaine en matière de santé, prévu au second semestre 2026.

⚠️ Article rédigé par la rédaction de Le Sahel TV · Sources : fratmat.info, allafrica.com, OMS Afrique