Malgré les opérations continues du Bataillon d'Intervention Rapide (BIR) et le renforcement du dispositif sécuritaire, la situation dans le Grand-Nord du Cameroun reste préoccupante à la mi-juin 2026. Des incidents sporadiques — engins explosifs improvisés (IED), attaques contre des civils dans les abords du lac Tchad — continuent d'alimenter les déplacements de populations et de fragiliser les efforts de reconstruction économique. Le premier trimestre 2026 a enregistré plus de 15 300 nouveaux déplacés selon l'OCHA, un chiffre qui illustre la persistance d'une crise humanitaire profonde.
Des forces de sécurité sous pression permanente
Le BIR maintient un déploiement important dans les départements du Lac-Tchad et du Logone-et-Chari, zones les plus exposées aux incursions des groupes armés non étatiques. Plusieurs opérations de ratissage et de sécurisation des axes routiers ont été conduites ces dernières semaines. Toutefois, la nature asymétrique de la menace et la porosité des frontières avec le Nigeria et le Tchad compliquent durablement la tâche des forces de défense. Un officier du BIR a été tué lors d'affrontements armés dans la région du Nord-Ouest, rappelant le prix humain du maintien de l'ordre sécuritaire.
Le poids de l'effort de guerre sur les finances publiques
L'effort militaire dans le Grand-Nord, conjugué à celui déployé dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, absorbe une part substantielle du budget national de défense. Dans le cadre du débat d'orientation budgétaire en cours au parlement, plusieurs élus du Septentrion ont plaidé pour une augmentation des allocations aux programmes de réintégration des ex-combattants et de reconstruction des zones affectées. La sécurité durable passe, selon eux, par un volet économique robuste qui dépasse la seule réponse militaire.
Vers une approche intégrée sécurité-développement
Les autorités camerounaises et leurs partenaires internationaux (OCHA, PAM, CICR) s'accordent de plus en plus sur la nécessité d'une approche intégrée combinant sécurité et développement. Les programmes d'appui à la résilience des communautés (fourniture de semences, cash transfer, réhabilitation d'infrastructures scolaires) continuent d'être déployés en parallèle des opérations militaires. L'objectif est de couper le lien entre vulnérabilité économique et recrutement par les groupes armés, qui exploitent la misère comme levier de radicalisation dans certains villages frontaliers.