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Septentrion

Adamaoua : les conflits agropastoraux s’intensifient à l’approche de la saison des pluies

Élevage pastoral transhumance Adamaoua Cameroun 2026

Les tensions entre éleveurs transhumants mbororo et agriculteurs sédentaires s’accumulent dans plusieurs départements de l’Adamaoua, notamment dans la Vina, le Djerem et le Mbere, où les dégâts des troupeaux sur les cultures maraichères ont multiplié les incidents depuis le début du mois de juin 2026. Ces conflits agropastoraux récurrents, exacerbés par la pression démographique et la réduction des couloirs de transhumance traditionnels, mobilisent les autorités administratives régionales.

Des couloirs de transhumance rétrécis sous la pression foncière

L’expansion des zones cultivées sur les pistes de passage des bétails réduit mécaniquement l’espace disponible pour le déplacement des troupeaux, principal mode de gestion pastorale dans cette région. Les chiffres régionaux font état d’une baisse de près de 30 % des couloirs balisés en dix ans. Les incidents répertoriés par les services de l’ordre entre janvier et mai 2026 dépassent déjà le total de l’année 2024.

Cadres de concertation et appel au dialogue

Face à cette montée des tensions, le gouverneur de la région de l’Adamaoua a convoqué plusieurs réunions de médiation inter-communautaires au cours des deux dernières semaines. Des comités locaux de gestion des conflits agropastoraux, installés dans cinq arrondissements, ont reçu pour mission d’établir des protocoles de coexistence pacifique, avec l’appui technique des ONG spécialisées dans le pastoralisme et du projet VASO de l’Union européenne.

Un défi structurel pour toute la sous-région

La problématique dépasse les frontières de la seule région de l’Adamaoua et est partagée par l’ensemble des pays de la ceinture soudano-sahélienne, du Tchad à la Centrafrique. Les experts rappellent que le changement climatique modifie les calendriers de transhumance et que la sécheresse récurrente pousse les éleveurs à descendre plus tôt vers les zones plus fertiles du Nord du Cameroun, amplifiant les frictions avec les communautés agricoles locales.

⚠️ Article rédigé par la rédaction de Le Sahel TV · D’après les services régionaux de l’Adamaoua et correspondances locales, 13 juin 2026