L’Alliance des États du Sahel (AES), regroupant le Mali, le Burkina Faso et le Niger, a confirmé en juin 2026 la montée en puissance de sa Force conjointe dont les effectifs ont été portés à 15 000 soldats, contre 5 000 lors de sa création officielle en décembre 2025. Cette force, dite « Force intégrée des États du Sahel » (FIES), coordonne désormais des opérations militaires communes sur les trois fronts nationaux de la lutte anti-djihadiste.
Des opérations aériennes intenses après les attaques d’avril
En réponse aux attaques coordonnées perpétrées fin avril 2026 à Gao, Menâka et Kidal, la Force conjointe de l’AES a déclenché des campagnes aériennes intenses qui ont détruit plusieurs bases arrière de groupes armés dans le nord du Mali et dans la zone des « Trois Frontières ». Les autorités maliennes ont confirmé la neutralisation de plus d’une centaine de combattants lors de ces opérations entre mai et début juin 2026.
Une coopération renforcée avec des partenaires extra-régionaux
L’AES s’appuie sur des partenariats avec la Russie, notamment via des formateurs militaires du groupe Africa Corps (ancien Wagner), et sur la fourniture de drones de combat qui ont été engagés dans les opérations récentes. Des discussions sont également en cours avec la Chine pour l’acquisition de systèmes d’artillerie et de surveillance. Cette architecture de sécurité propre au Sahel constitue une rupture radicale avec le cadre de la MINUSMA et des interventions françaises de la décennie précédente.
Des défis persistants malgré les succès militaires
En dépit des victoires annoncées sur le terrain, les experts de l’Institut d’études de sécurité (ISS) soulignent que les groupes armés affiliés au JNIM et à l’EIGS conservent des capacités de nuisance significatives et ont adapté leurs tactiques à la pression militaire accrue. La sécurisation des populations civiles dans les zones rurales et périurbanies demeure le défi central de la stratégie sécuritaire de l’AES pour le second semestre 2026.