Depuis fin février 2026, les cours du pétrole brut Brent ont enregistré une progression spectaculaire de près de 40 %, atteignant un pic de 120 dollars le baril à la Bourse de Londres. Cette flambée, alimentée par les tensions au Moyen-Orient et les restrictions de production de l’OPEP+, redistribue les cartes dans la sous-région de la CEMAC, où cinq des six pays membres sont exportateurs d’hydrocarbures.
Des recettes pétrolières en forte hausse pour les exportateurs
Le Gabon, le Congo-Brazzaville, le Cameroun, la Guinée équatoriale et le Tchad voient affluer des recettes budgétaires exceptionnelles. TotalEnergies Gabon a affiché pour le premier trimestre 2026 un bénéfice équivalent à son résultat annuel de 2025. La BVMAC (Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale) enregistre sa meilleure activité depuis sa création, sur fond d’une opération historique de 125,9 milliards de FCFA qui vise à tripler sa capitalisation.
Mais une pression inflationniste sur les importateurs
La Centrafrique et, dans une moindre mesure, la RDC subissent à l’inverse les effets négatifs de ce choc pétrolier. La hausse du prix des carburants se répercute sur le coût des transports, de l’alimentation et de l’électricité, alimentant une inflation qui fragilise les ménages déjà vulnérables. La BEAC (Banque des États de l’Afrique centrale) anticipe une croissance de la zone CEMAC révisée à 2,9 % pour 2026, en net recul par rapport aux 3,5 % enregistrés en 2025.
Diversification et gestion prudente des rentes, les urgences du moment
Face à ce contexte de volatilité, les économistes du FMI et de la Banque mondiale exhortent les gouvernements de la CEMAC à profiter du surcroît de recettes pétrolières pour accélérer leur diversification économique, renforcer les fonds souverains et réduire la dette extérieure. L’histoire des cycles pétroliers en Afrique centrale rappelle que les « années fastes » ne durent pas toujours et que les rentes non épargnées creusent ensuite des déficits durables.