LE SAHEL TVL'info africaine 24h/24
← Retour à l'accueil
Afrique centrale

Gabon : l’ONU épingle le rétrécissement de l’espace civique — Oligui Nguema temporise avec le FMI

Gabon ONU espace civique Oligui Nguema FMI 2026

L’Organisation des Nations unies a publié le 9 juin 2026 son bilan régional pour l’Afrique centrale, dans lequel le Gabon est classé parmi les pays où l’espace civique se rétrécit, au même titre que le Tchad, le Cameroun et la République du Congo. Le rapport onusien fait état de restrictions à la liberté de presse, de limitations du droit de réunion et d’une autonomie limitée de la société civile depuis le coup d’État d’août 2023 qui a porté le général Brice Clotaire Oligui Nguema au pouvoir.

Une transition qui négocie son crédit international

La présidence gabonaise a contesté les conclusions de l’ONU, mettant en avant les réformes constitutionnelles en cours, la tenue prévue d’élections générales et la libération de détenus politiques. Mais le gouvernement de transition se trouve dans une position délicate : il doit maintenir la confiance de ses soutiens intérieurs tout en évitant un isolement diplomatique international susceptible de freiner les investissements étrangers dans le secteur des hydrocarbures et du bois, deux piliers de l’économie nationale.

Les négociations FMI volontairement ralentiées

Sur le front économique, le président Oligui Nguema a choisé de temporiser les négociations avec le Fonds monétaire international, contrairement aux attentes des marchés. Son objectif déclaré est d’obtenir une transparence totale sur les comptes publics hérités de l’ancien régime Bongo avant d’engager le pays dans un nouveau programme d’ajustement, en conditionnant les concessions à des garanties de non-interférence dans les choix de politique économique nationale. Cette posture, voulue souveraine, est jugée risquée par certains économistes au regard de l’état des réserves en devises du pays.

La RDC et la Centrafrique : tensions persistantes en Afrique centrale

Plus largement, le bilan de l’ONU souligne la fragility persistante de la région : en RDC, la coalition d’opposition a appelé à une journée « ville morte » le 3 juin pour protester contre le projet de révision constitutionnelle, avec des résultats contrastés selon les villes. En Centrafrique, le président Touadéra a entamé en 2026 son troisième mandat dans un contexte sécuritaire encore incertain, avec un procès retentissant attendu prochainement devant la Cour pénale spéciale à Bangui.

⚠️ Article rédigé par la rédaction de Le Sahel TV · Sources : gabonreview.com, tresor.economie.gouv.fr, allafrica.com