Une mission interministérielle conduite par le Ministère de l'Économie, de la Planification et de l'Aménagement du Territoire (MINEPAT) s'est achevée au terme d'un long périple de terrain dans les contrées reculées du Logone-et-Chari, département qui concentre certains des défis les plus aigus du septentrion camerounais. L'objectif central de cette mission était d'évaluer l'état d'avancement des deux grands programmes structurants que sont le PROLAC et le PDRI-CL, financés sur des fonds mixtes incluant des contributions de partenaires bilatéraux.
PROLAC et PDRI-CL : deux piliers du développement lacustre
Le PROLAC (Programme de Réduction de la Pauvreté dans le Bassin du Lac Tchad) et le PDRI-CL (Programme de Développement Rural Intégré du Cameroun dans le Logone-et-Chari) constituent deux instruments clés de l'action publique dans une zone où la pêche, l'élevage et les cultures de décrue représentent les principales sources de revenus. Les enquêteurs du MINEPAT ont notamment visité des infrastructures hydro-agricoles, des pistes rurales récemment réhabilitées et des centres de stockage communautaires. Les délégations ont constaté sur le terrain des progrès tangibles, mais aussi d'importantes lacunes dans les délais d'exécution et la mobilisation des prestataires locaux.
L'État réaffirme son engagement pour la zone lacustre
À l'issue de la mission, le représentant du MINEPAT a réaffirmé « l'engagement irréversible de l'État camerounais à faire du Logone-et-Chari un territoire de développement durable, malgré les contraintes sécuritaires et climatiques ». Il a insisté sur la nécessité de renforcer la coordination entre les différents ministères sectoriels (agriculture, eau, routes) pour éviter les doublons et accélérer les décaissements. Le chef-lieu de Kousseri, plaque tournante commerciale entre le Cameroun, le Tchad et la République centrafricaine, doit bénéficier d'investissements supplémentaires dans la voirie et l'adduction d'eau potable.
Enjeux sécuritaires et humanitaires persistants
La mission s'est déroulée dans un contexte sécuritaire toujours fragile. Les équipes ont dû adapter leurs itinéraires en raison de la présence intermittente de groupes armés non étatiques dans certains sous-secteurs. Selon les données de l'OCHA publiées pour le premier trimestre 2026, le département du Logone-et-Chari a enregistré plus de 3 200 nouveaux déplacés internes sur cette seule période. Cette réalité souligne l'urgence d'articuler les projets de développement structurel avec les mécanismes d'aide humanitaire d'urgence, afin que les populations les plus vulnérables ne soient pas laissées pour compte dans la course aux indicateurs de développement.