L’Afrique subsaharienne traverse en ce premier semestre 2026 une période de forte pression sanitaire, avec deux crises majeures se développant simultanément : une épidémie de choléra qui touche 14 pays et a généré plus de 45 000 cas depuis janvier, et une flambée de maladie à virus Ebola de la souche Bundibugyo (BVD) en République démocratique du Congo, qui a conduit l’OMS à déclarer une urgence de santé publique de portée internationale (USPPI) le 17 mai 2026.
Le choléra : une crise persistante aggravée par les déplacements
Les données de l’Agence Écofin et de l’OMS font état de 45 000 cas de choléra dans 14 pays africains entre janvier et fin mai 2026, la RDC concentrant à elle seule plus de la moitié des cas avec près de 24 000 infections et plus de 700 décès. Le Nigeria a pour sa part enregistré plus de 3 100 cas suspects dans 34 États. L’accès insuffisant à l’eau potable, les déplacements massifs de populations et l’élévation des températures sont identifiés par l’UNICEF comme les principaux vecteurs de la persistance de l’épidémie.
Ebola BVD : une urgence internationale déclarée
La flambée d’Ebola due à la souche Bundibugyo en RDC et en Ouganda a pris une ampleur alarmante depuis son identification : au début du mois de juin, l’OMS recensait 321 cas confirmés et 116 cas suspects en RDC, et 9 cas confirmés en Ouganda. La déclaration d’USPPI du 17 mai impose une coordination internationale renforcée, des restrictions ciblées aux voyages dans les zones affectées et une mobilisation accelérée des fonds d’urgence du Fonds mondial et de l’initiative CEPI pour le développement accéléré de vaccins contre la souche BVD.
Les pays du Sahel et d’Afrique centrale en vigilance
Ces deux crises sanitaires amènent les autorités sanitaires du Cameroun, du Tchad, de la RCA et des pays du Sahel à renforcer leurs systèmes de surveillance épidémiologique aux frontières. L’OMS région Afrique a déployé des experts en riposte d’urgence dans plusieurs capitales, et des stocks prépositionnés de sérum de réhydratation orale et de matériel de protection individuelle ont été acheminés dans les zones à risque élevé. La vigilance communautaire et le renforcement des points d’eau potable restent les priorités absolues pour contenir la progression du choléra.