Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) vient de publier son rapport de situation n° 64 sur la région de l’Extrême-Nord du Cameroun, couvrant la période de janvier à mars 2026. Ce document dresse un tableau préoccupant d’une région aux prises avec des crises superposées : sécuritaires, alimentaires, nutritionnelles et environnementales, qui maintiennent des centaines de milliers de personnes dans une vulnérabilité extrême.
Des attaques persistantes de groupes armés non étatiques
Les groupes armés non étatiques (GANE), notamment dans les départements du Mayo-Tsanaga, du Mayo-Sava et du Logone-et-Chari, ont multiplié les incursions meurtrières au cours du premier trimestre 2026. Ces attaques ont provoqué de nouveaux mouvements de déplacement intérieur, s’ajoutant à un stock de personnes déjà déplacées estimé à plus de 300 000 individus selon les chiffres de l’OCHA. Les tensions intercommunautaires, exacerbées par la compétition pour l’eau et les terres arables, alimentent également le cycle des violences locales.
Incendies dans les sites et insécurité alimentaire chronique
Sur la période couverte, plusieurs incendies dévastateurs ont ravagé des sites de déplacement au Mayo-Sava et dans la plaine du Diamaré, détruisant abris, documents et réserves alimentaires de milliers de familles. La détérioration des conditions agronomiques, combinée à la perturbation des circuits d’approvisionnement, maintient un taux de malnutrition aiguë au-delà des seuils d’urgence dans plusieurs localités. L’OCHA souligne l’insuffisance des financements humanitaires pour y faire face.
Un appel à une réponse intégrée et soutenue
Le rapport appelle les partenaires internationaux et les autorités camerounaises à renforcer la réponse multisectorielle, en articulant aide humanitaire d’urgence et interventions de développement à plus long terme. Des projets d’énergie solaire pour les centres de santé et des programmes de résilience agropastorale sont cités comme pistes prioritaires. L’OCHA rappelle que la stabilisation de l’Extrême-Nord est indissociable d’une coopération accrue avec le Tchad et le Nigéria dans le cadre du bassin du lac Tchad.