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Sahel / AES

APSACO 2026 à Rabat : dix ans de bouleversements sécuritaires en Afrique de l’Ouest, entre AES et CEDEAO

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La capitale marocaine Rabat a accueilli l’édition 2026 de l’APSACO (Africa Peace and Security Architecture Conference), un rendez-vous annuel qui réunit experts, diplomates et décideurs autour de la sécurité du continent. Cette année, les débats ont été dominants par un bilan de dix ans de recomposition de l’architecture sécuritaire ouest-africaine, marquée en particulier par la création de l’Alliance des États du Sahel (AES) et la rupture progressive avec la CEDEAO.

L’AES face à ses défis de consolidation

Les participants de l’APSACO ont souligné que l’AES — regroupant le Mali, le Burkina Faso et le Niger — entre en 2026 dans une phase critique de son existence. Si la confédération sahélienne a pu lancer sa banque commune dotée de 895 millions de dollars et afficher une volonté affichée de souveraineté stratégique, elle doit toujours faire face à des défis sécuritaires colossaux : présence djihadiste persistante, crise alimentaire structurelle et difficultés d’acces aux financements internationaux. Les analystes estiment que la cohésion interne et la performance économique constitueront le vrai test de sa légitimité.

CEDEAO et AES : vers une coexistence forcée ?

Les débats de Rabat ont révélé une tension entre deux lectures de la situation : ceux qui voient dans la fracture AES-CEDEAO une rupture irrémédiable, et ceux qui parièrent sur une normalisation pragmatique à moyen terme, notément sous l’impulsion de la présidence sénégalaise de la CEDEAO pour 2026-2030. Des experts ont rappelé que les économies sahéliennes restent étroitement liées aux pays côtiers par les corridors commerciaux et les flux migratoires. Une rupture totale resterait coûteuse pour toutes les parties.

Vers une réarchitecture de la sécurité régionale

La conférence a conclu à la nécessité de repenser l’architecture de sécurité régionale à la lumière des nouvelles réalités géopolitiques. L’Union africaine est appelée à jouer un rôle de médiation plus proactif, tandis que les pays membres de l’espace CEDEAO-AES sont invités à maintenir des canaux de dialogue informel pour préserver la coopération transfrontière contre le terrorisme et le crime organisé, indépendamment des postures politiques officielles.

⚠️ Article rédigé par la rédaction de Le Sahel TV · Sources : Journal du Faso, MaliActu.net, Jeune Afrique