La Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC), longtemps critiquée pour son manque d’efficacité institutionnelle, tente de se réinventer. L’organisation régionale, qui regroupe onze pays allant du Cameroun à la République démocratique du Congo, a présenté son plan stratégique 2026-2030, élaboré avec l’appui de l’ONU et de partenaires internationaux. Ce document de référence se veut une feuille de route pour relancer l’intégration régionale dans un contexte marqué par des conflits armés, des épidémies et des pressions sécuritaires intenses.
Une nouvelle équipe dirigeante et des ambitions renouvelées
La nomination d’une nouvelle équipe dirigeante à la tête du Secrétariat général de la CEEAC a insufflé un élan réformateur apprécié par les Nations unies dans leur dernier rapport sur l’Afrique centrale. Le plan stratégique s’articule autour de cinq axes prioritaires : intégration économique et commerciale, paix et sécurité, gouvernance et démocratie, développement humain et durable, et réforme institutionnelle de la CEEAC elle-même. L’institution aspire à jouer un rôle comparable à celui de la CEDEAO en Afrique de l’Ouest.
Des crises qui fragilisent la mise en œuvre
Malgré ces avances institutionnelles, l’Afrique centrale reste confrontée à une accumulation de crises qui compliquent toute planification régionale. En RDC, la situation à l’Est continue de mobiliser des ressources humanitaires considérables, tandis qu’une nouvelle épidémie d’Ebola en Ir’uri menace de franchir les frontières. En Centrafrique, la riposte contre Ebola doit être financée à hauteur de 29 millions d’euros. En RCA également, la Banque mondiale a approuvé un don de 80 millions d’euros pour les infrastructures routières et énergétiques.
L’espace civique rétréci, une préoccupation croissante
Le rapport onusien souligne également un rétrécissement de l’espace civique dans plusieurs pays d’Afrique centrale, avec des restrictions sur la liberté de la presse, les droits des organisations non gouvernementales et les libertés politiques. L’ONU appelle les gouvernements de la région à préserver les conditions minimales d’un débat public ouvert comme gage de stabilité à long terme. La CEEAC est appelée à inscrire cette dimension dans son plan 2026-2030.