Une annonce majeure pour les infrastructures d’Afrique centrale : les Émirats arabes unis entrent dans le projet de corridor ferroviaire Tchad-Cameroun via leur société nationale de chemin de fer Etihad Rail, selon les Brèves économiques publiées par la Direction générale du Trésor français pour la semaine du 8 au 12 juin 2026. Cette participation injecte une dynamique nouvelle dans un projet qui, bien que récurrent depuis des décennies, n’avait jamais réussi à franchir le stade des études de faisabilité.
Un corridor stratégique pour le désenclavement du Tchad
Le projet de corridor ferroviaire Tchad-Cameroun vise à relier le Tchad, pays enclave, aux ports de l’Atlantique via le territoire camerounais, réduisant drastiquement les coûts de transport des marchandises à destination et en provenance de N’Djaména et des bassins de production tchadiens. Le tracé prévisionnel traverse plusieurs régions camerounaises, notamment le Nord et l’Adamaoua, avant de rejoindre le réseau ferroviaire existant vers Douala. Pour le Cameroun, ce projet représente également une opportunité de positionner son port en eaux profondes de Kribi comme hub régional de premier plan.
Etihad Rail : un opérateur à l’ambition continentale
Etihad Rail, l’opérateur ferroviaire national des Émirats arabes unis, s’est imposé comme l’un des acteurs les plus dynamiques du secteur ferroviaire à l’échelle mondiale ces dernières années, avec la livraison du réseau national émirien et des ambitions d’expansion en Asie et en Afrique. Son entrée dans le corridor Tchad-Cameroun s’inscrit dans une stratégie de diversification géographique et dans le cadre des ambitions africaines d’Abu Dhabi, qui multiplie les partenariats infrastructurels sur le continent.
Des produits de base exportés de la CEMAC en hausse : le bon contexte
Cette annonce intervient dans un contexte porteur pour les économies de la CEMAC : les cours des produits de base exportés par la région ont progressé au premier trimestre 2026, soutenus en particulier par la hausse des produits énergétiques. Ces dynamiques favorables suscitent un intérêt renouvelé des investisseurs pour les projets d’infrastructure qui permettent de valoriser les ressources naturelles de la région dans de meilleures conditions de compétitivité logistique.