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Septentrion

Extrême-Nord : 2,6 millions de personnes en insécurité alimentaire, l’eau et les terres au cœur des tensions

Crise eau et terres Extrême-Nord Cameroun lac Tchad 2026

Le deuxième trimestre 2026 s'ouvre sur une alerte humanitaire majeure dans la région de l'Extrême-Nord du Cameroun : près de 2,6 millions de personnes font face à une insécurité alimentaire aigüe, selon les chiffres conjoints du Programme alimentaire mondial (PAM) et des autorités camerounaises. La combinaison de l'insécurité persistante liée aux incursions de groupes armés dans le bassin du lac Tchad, des effets des changements climatiques et d'une pression démographique croissante crée un cocktail de vulnérabilités qui dépasse les capacités de réponse locales.

Eau et terres : des ressources de plus en plus contestées

Dans les départements du Mayo-Sava, du Mayo-Tsanaga, du Mayo-Danay et du Diamaré, des tensions intercommunautaires autour de l'accès à l'eau et aux pâturages se multiplient depuis le début de l'année. Des milliers de personnes déplacées en provenance de zones encore instables se retrouvent en concurrence directe avec les populations hôtes pour les mêmes puits, les mêmes mares et les mêmes terres agricoles. Le retrait progressif du lac Tchad, dont la superficie a diminué de plus de 90 % en cinquante ans, aggrave structurellement cette rarité des ressources en eau.

Des infrastructures hydrauliques défaillantes face à l'urgence

La région souffre d'un déficit chronique en points d'eau fonctionnels : de nombreux forages tombent en panne sans possibilité de réparation rapide faute de pièces de rechange et de techniciens qualifiés en zones reculées. Les précipitations irrégulières, caractéristiques d'une pluviométrie de plus en plus aléatoire dans le Sahel camérounais, compromettent les cultures pluviales de base. Dans le Mayo-Danay et le Diamaré, des inondations soudaines au cours de la précédente saison des pluies ont détruit des centaines d'hectares de rizières, aménageant un cycle de pertes qui fragilise les ménages dès la soudure.

Une réponse humanitaire à renforcer

Le gouvernement camérounais et la communauté humanitaire ont présenté en mai 2026 un plan de réponse humanitaire d'une valeur dépassant 400 millions de dollars, mais les financements effectivement mobillisés restent en deçà des besoins. Les organisations opérant dans la région — OCHA, HCR, MSF, et diverses ONG locales — appellent à une accélération des transferts monétaires et à la remise en état des systèmes d'irrigation dans les zones stabillisées, pour permettre aux communautés de retrouver une autosuffisance alimentaire avant la prochaine saison des pluies.

⚠️ Article rédigé par la rédaction de Le Sahel TV · Sources : PAM, OCHA, Crisis Group, reliefweb.int