Les légions de gendarmerie des régions du Nord et de l'Adamaoua ont tenu un conclave stratégique de plusieurs jours, sous le commandement du général Pierre Louba Zal, afin d'évaluer les résultats de la onzième phase de l'opération Adamaoua-Nord (ADANO). Cette opération, lancée pour combattre le grand banditisme qui affecte les axes routiers, les zones pastorales et les centres urbains secondaires du Septentrion, a permis d'enregistrer des saisies significatives d'armes et de matériel illégaux au cours du premier semestre 2026.
Un bilan opérationnel positif mais des défis persistants
Lors de cette onzième phase de l'opération ADANO, les forces de gendarmerie ont multiplié les contrôles routiers aux entrées des villes de Ngaoundéré, Garoua et Maroua, intensifié les patrouilles en zones pastorales et démantellé plusieurs réseaux de coupeurs de route opérant entre la région du Nord et l'Adamaoua. Des assassinats ciblés de chefs traditionnels — notamment dans la localité de Ngan-Ha — ont toutefois mis en évidence les limites d'une sécurisation encore fragile dans certaines zones rurales.
Collaboration entre populations et forces de l’ordre
Le gouverneur de la région de l'Adamaoua a insisté lors du conclave sur le rôle essentiel des populations locales dans le dispositif sécuritaire : « La gendarmerie ne peut pas être partout en même temps. La vigilance communautaire est notre premier rempart. » Des groupes d'initiative locale de signalement d'incidents ont été mis en place dans plusieurs villages du département de la Vina et du Faro-et-Déo, avec des lignes directes vers les brigades de gendarmerie les plus proches.
Vers une douzième phase plus ciblée
La douzième phase de l'opération ADANO devrait être déployée dès juillet 2026 avec un renforcement des moyens logistiques : véhicules tous-terrain supplémentaires, drones de surveillance et liaisons radio sécurisées. Une coordination accrue avec l'armée (BIR) est également prévue pour les opérations dans les zones frontalières avec le Nigeria et le Tchad, où des éléments armés en provenance de l'extérieur continuent d'infiltrer le territoire camérounais selon des vecteurs identifiés par les services de renseignement.