La 45e session ordinaire du Conseil des ministres de l'Union économique de l'Afrique centrale (UEAC) s'est tenue le 13 juin 2026 à Brazzaville, en République du Congo, sur fond de tensions budgétaires croissantes au sein de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC). Les délégués des six États membres — Cameroun, Congo, Gabon, Guineée équatoriale, République centrafricaine et Tchad — ont fait face à un constat économique préoccupant : 231 milliards de FCFA d'arriérés de Taxe Communautaire d'Intégration (TCI) accumulés par les États, plongeant l'exécutif de la CEMAC dans une situation financière de plus en plus périlleuse.
La gouvernance financière au cœur des débats
Le ministre congolais en charge de l'Intégration régionale, Ludovic Ngatsé, a pris la parole pour appeler à une accélération des réformes de gouvernance susceptibles de restaurer la crédibilité des institutions communautaires. Il a insisté sur la finalisation des manuels de procédures, le renforcement des audits financiers internes et la mise en place d'un Comité d'audit opérationnel indépendant. Cette session fait suite à un Comité Inter-États préparatoire qui avait réuni les hauts fonctionnaires des six pays les 10 et 11 juin à Brazzaville.
Des réformes structurelles attendues
La réunion de l'UEAC a abouti à une feuille de route en plusieurs points : apurement progressif des arriérés selon un calendrier convenu, renforcement du contrôle de la perception des taxes communautaires par les douanes nationales, et mise en œuvre effective de la libre circulation des biens et des personnes dans l'espace CEMAC. Des décisions ont également été prises concernant les budgets supplémentaires d'exécution pour 2026 et la préparation du processus budgétaire 2027.
Un contexte régional complexe
Cette session intervient dans un contexte où l'UNOCA, le Bureau des Nations Unies pour l'Afrique centrale, pointait le 9 juin 2026 devant le Conseil de sécurité un rétrécissement de l'espace civique dans plusieurs pays de la région, dont le Gabon, le Cameroun et le Tchad. Le rapport notait toutefois des avancées institutionnelles dans certains pays, tout en appelant à une vigilance accrue sur les libertés civiles. La capacité de la CEMAC à relever ses propres défis de gouvernance interne est perçue comme un signal fort pour l'ensemble de la sous-région.