LE SAHEL TVL'info africaine 24h/24
← Retour à l'accueil
Septentrion

Extrême-Nord : les engins explosifs improvisés en forte hausse au premier trimestre 2026

Sécurité Extrême-Nord Cameroun EEI engins explosifs 2026

Les données collectées par l’OCHA et les partenaires humanitaires dans l’Extrême-Nord du Cameroun font état d’une détérioration notable de la situation sécuritaire entre janvier et mars 2026. L’indicateur le plus préoccupant est l’explosion du nombre d’incidents liés aux engins explosifs improvisés (EEI) : 9 cas enregistrés au premier trimestre 2026, contre seulement 2 pour la même période en 2025, soit une multiplication par quatre et demi en un an.

Une menace qui s’étend géographiquement

Les incidents EEI ne se concentrent plus uniquement dans les zones historiquement touchées comme le Mayo-Sava ou le pourtour du lac Tchad. Des départements jusqu’ici épargnés, notamment dans le Mayo-Danay et la plaine du Diameré, ont été touchés lors de ce premier trimestre. Cette extension géographique de la menace complique la planification des opérations humanitaires et oblige les acteurs de terrain à réviser leurs protocoles de sécurité et d’accès. Plusieurs axes routiers ont été temporairement fermés à la circulation après découverte d’engins.

Impact sur les populations civiles et l’aide humanitaire

Les engins explosifs improvisés font des victimes civiles et entravent les mouvements des agents humanitaires. Des convois de la Croix-Rouge et d’ONG partenaires ont dû faire demi-tour en raison de menaces signalées sur leur itinéraire. L’impact psychologique sur les communautés rurales est également considérable : les paysans hésitent à travailler leurs champs, ce qui aggrave les risques d’insécurité alimentaire déjà élevés dans la région. L’armée camerounaise et la Force multinationale mixte (FMM) maintiennent des patrouilles intensifiées pour sécuriser les axes prioritaires.

La réponse militaire et ses limites

Face à cette montée des EEI, les forces de défense et de sécurité camerounaises ont mis en place des équipes spécialisées dans la détection et le déminage. Des séances de sensibilisation sont également organisées dans les villages pour apprendre aux habitants à reconnaître et signaléer des objets suspects. Experts et observateurs s’accordent toutefois à dire que la solution durable passe par un règlement politique global du conflit dans le bassin du lac Tchad, dans lequel le Cameroun joue un rôle clé au sein de la Force multinationale mixte.

⚠️ Article rédigé par la rédaction de Le Sahel TV · Sources : OCHA Cameroun (Rapport No 64, Jan-Mars 2026), FMM