Les dernières brèves économiques publiées par la Direction générale du Trésor français pour la semaine du 8 au 12 juin 2026 font état d’une amélioration sensible des conditions économiques dans la zone CEMAC. Les prix des matières premières exportées par les six pays membres ont progressé au premier trimestre 2026, tirés principalement par la hausse des produits énergétiques, le pétrole brut en tête, mais aussi par une légère remontée des cours du cacao et du bois.
Cameroun et Congo, principaux bénéficiaires de la conjoncture
Parmi les États membres, le Cameroun et la République du Congo enregistrent les gains en capital les plus significatifs liés à ces évolutions. Pour le Cameroun, les recettes pétrolières — bien qu’en dessous des objectifs fixés pour l’exercice 2026 — ont bénéficié d’une légère remisée des prix mondiaux. Les autorités camerounaises misent en parallèle sur la diversification de la production énergétique, notamment à travers les grands projets hydroelectriques comme Nachtigal et Lom Pangar, pour réduire la dépendance au pétrole.
Les défis structurels persistent dans la zone
Malgré ces signes positifs conjoncturels, la Banque mondiale rappelle dans son baromètre de décembre 2025 que la croissance dans la CEMAC reste inégale et fortement dépendante des ressources naturelles. La déplétion du capital naturel limite la croissance durable. Plusieurs pays de la zone, notamment le Tchad et la Guinée équatoriale, peinent à convertir leurs revenus pétroliers en capital humain et institutionnel. Les arriérés intrazone, évalués à 231 milliards de FCFA lors du 45e Conseil de l’UEAC en mai 2026, restent un frein majeur à la cohésion économique régionale.
Les réformes structurelles, clé d’une croissance durable
Experts et institutions multilatérales s’accordent : la CEMAC doit accélérer ses réformes structurelles — amélioration de la gouvernance du secteur des hydrocarbures, diversification vers le LNG et les renouvelables, renforcement du capital humain — pour transformer la richesse brute en développement durable. Les récentes promesses d’investissement de l’AFD (115 milliards de FCFA en projets structurants au Cameroun) et les négociations avec des partenaires du Golfe signalent un intérêt renouvelé pour la région.