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Sahel & AES

CEDEAO-AES : Dakar tente de ménager un dialogue, l’Afrique de l’Ouest en recomposition

CEDEAO AES Sahel dialogue Sénégal Burkina Mali Niger 2026

Depuis que le Sénégal a pris la présidence tournante de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) en début d'année 2026, Dakar s'efforce de trouver une position équilibrée vis-à-vis de l'Alliance des États du Sahel (AES), regroupant le Mali, le Burkina Faso et le Niger. Alors que le retrait de ces trois pays de la CEDEAO est désormais actalisé depuis décembre 2024, la question de nouveaux cadres de coopération reste posée avec acuité, tant sur le plan sécuritaire qu'économique.

Le Sénégal face à un équilibre diplomatique délicat

En tant que président en exercice de la CEDEAO, le président Bassirou Diomaye Faye doit naviguer entre deux impératifs contradictoires : maintenir la cohérence institutionnelle de l'organisation régionale, qui exige le respect des principes démocratiques et constitutionnels, et préserver des liens fonctionnels avec les pays du Sahel, voisins incontournables sur les plans sécuritaire, commercial et humain. Cette ligne de crête est d'autant plus complexe que Dakar entretient des relations anciennes et intriquées avec Bamako, Ouagadougou et Niamey.

L'AES, une architecture régionale alternative en construction

De son côté, l'AES poursuit la consolidation de ses propres structures institutionnelles : une banque d'investissement commune, une monnaie unifiée à l'étude et une force conjointe de sécurité déjà opérationnelle. Les trois pays membres ont également raffermé leurs relations avec la Russie, présente militairement notamment au Mali et au Burkina Faso. Face aux offensives récentes du JNIM et du FLA qui ont mis en difficulté les forces de transition, les juntes sahéliennes renforcent leur coopération militaire bilatérale et leur discours d'autonomie stratégique.

Des enjeux humanitaires et économiques qui dépassent les frontières

Au-delà de la géopolitique, la fracture entre la CEDEAO et l'AES affecte concrètement les populations : la libre circulation des personnes et des biens — principale conquête de l'intégration régionale — est menacée. Des millions de ressortissants sahéliens vivent dans les pays côtiers et des flux commerciaux vitaux empruntent les corridors reliant Abidjan, Lomé et Cotonou aux pays enclavés du Sahel. La CEDEAO et l'AES sont condamnées à dialoguer, même en dehors des institutions formelles, pour préserver ces acquis.

⚠️ Article rédigé par la rédaction de Le Sahel TV · Sources : maliactu.net, JeuneAfrique.com, APAnews