Alors que 2026 marque une nouvelle année de promesses d’investissements dans les infrastructures d’eau, les habitants de Maroua, chef-lieu de la région de l’Extrême-Nord, et de nombreuses localités du Grand Nord continuent de faire face à des pénuries répétées. Des pannes fréquentes du réseau de distribution, un vieillissement des infrastructures et une pression démographique croissante laissent quotidiennement des milliers de ménages sans accès à l’eau courante, les contraignant à se tourner vers des puits ou des revendeurs privés à des prix excessifs.
Un réseau vétuste face à une population en forte croissance
Les réseaux d’adduction d’eau de Maroua et des villes secondaires comme Kousseré ou Mokolo ont été conçus pour des populations bien inférieures à celles d’aujourd’hui. La pression démographique des dernières décennies, aggravée par l’afflux de déplacés internes fuyant les violences des groupes armés, a dépassé les capacités prévues. La Camwater, société nationale chargée de la production et du transport de l’eau, a annoncé plusieurs chantiers d’extension pour 2025-2027, mais les délais accusés suscitent l’impatience des élus locaux et des organisations de la société civile.
Des impacts sanitaires directs sur les populations
L’ONU, dans son rapport mondial sur l’eau 2026, rappelle que plus de 40 % de la population africaine n’a pas accès à une eau sûre. Dans le Grand Nord camerounais, cette réalité se traduit par une prévalence élevée des maladies hydriques : diarrhées, cholera et fièvres typhoïdes demeurent des causes significatives de morbidité, notamment chez les enfants de moins de cinq ans. Les centres de santé districtaux signalent des pics de consultations en début de saison des pluies, lorsque les puits peu profonds se contaminent par ruissellement.
Des solutions attendues pour la saison sèche 2026-2027
Les autorités régionales et plusieurs bailleurs de fonds, dont l’Agence française de développement (AFD) et la Banque mondiale, financent des projets de forages profonds et de stations de pompage solaires dans des dizaines de villages de l’Extrême-Nord. Ces projets, dont les premiers devraient entrer en service d’ici la saison sèche 2026-2027, sont présentés comme une réponse durable, sous réserve que la maintenance communautaire soit assurée sur le long terme — un défi fréquemment soulevé par les spécialistes du secteur.