Malgré un environnement international marqué par les tensions géopolitiques, la volatilité des marchés financiers mondiaux et les incertitudes commerciales liées aux nouvelles politiques tarifaires américaines, l’Afrique devrait enregistrer une croissance économique de 4 % en 2026 et de 4,1 % en 2027, selon les projections des Nations unies publiées en juin 2026. Ce chiffre, supérieur à la moyenne mondiale estimée à 2,4 %, masque cependant des disparités considérables entre régions et pays.
L’Afrique de l’Est en tête, l’Afrique centrale à la traîne
L’Afrique de l’Est devrait enregistrer la progression la plus forte, avec 5,8 % prévus en 2026, portée par l’Éthiopie, le Kenya et la Tanzanie, dont les économies bénéficient d’investissements importants dans les infrastructures et les technologies numériques. L’Afrique de l’Ouest suit avec 4,4 %, entraînée par la Côte d’Ivoire et le Sénégal. En revanche, l’Afrique centrale reste en deçà du potentiel espéré, plombée par des fragilités institutionnelles, la dépendance aux ressources pétrolières et les effets des conflits armés persistants en RDC et en République centrafricaine.
La dette publique, principal facteur de risque
La Banque africaine de développement (BAD) souligne dans son rapport de perspectives publié lors de ses assemblées annuelles 2026 que le poids croissant du service de la dette extérieure constitue le principal facteur de risque pour la croissance africaine. Plusieurs pays, dont la Zambie, le Ghana et l’Égypte, consacrent plus de 40 % de leurs recettes fiscales au remboursement de la dette. Des négociations sont en cours dans le cadre du Cadre commun du G20 pour réaménager ces obligations, mais les progrès restent lents et inégaux selon les pays.
Les moteurs de la croissance africaine en 2026
Parmi les facteurs positifs, les experts de l’AFD et de l’ONU identifient la forte consommation intérieure soutenue par une classe moyenne en expansion, la montée en puissance des énergies renouvelables comme facteur de compétitivité, et les premières retombées de l’ZLECAF, la Zone de libre-échange continentale africaine. Les investissements dans le numérique, les technologies agricoles et les infrastructures logistiques continuent également d’attirer des capitaux privés, notamment en provenance de Chine, des Émirats arabes unis et, dans une moindre mesure, d’Europe.