Le 16 juin est la date anniversaire du soulèvement de Soweto en 1976, événement fondateur de la Journée de l’enfant africain célébrée sur tout le continent depuis 1991. En 2026, Tunis accueille, à l’hôtel El Mechtel, un forum continental réunissant des représentants d’organisations internationales, de la société civile et des experts juridiques venus de nombreux pays africains. L’événement se tient sous format hybride (présentiel et en ligne) dans le cadre de la Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant (CADBE), dont la Tunisie est signataire.
Trois axes prioritaires au centre des débats
Les travaux du forum 2026 s’organisent autour de trois axes thématiques : l’accès des enfants à l’eau potable, à l’assainissement et à l’hygiène ; la lutte contre le mariage des mineures, qui touche encore des millions de filles à travers le continent ; et l’éradication des mutilations génitales féminines (MGF), pratique encore présente dans plusieurs pays de la région. Ces trois problématiques sont liées entre elles par des dynamiques communes de pauvreté, d’inégalité de genre et de faiblesse des systèmes de protection de l’enfance.
Le mariage des mineures, un fléau persistant
Malgré les progrès enregistrés, l’Afrique subsaharienne reste la région du monde où le taux de mariage précoce est le plus élevé. Selon les données de l’UNICEF, près de 40 % des filles du Sahel sont mariées avant l’âge de 18 ans dans certaines zones rurales. Les participants au forum de Tunis ont appelé à un renforcement des cadres juridiques nationaux, mais aussi à des programmes de sensibilisation communautaire qui engagent les leaders religieux, les hommes et les jeunes garcons dans la lutte contre ces pratiques.
Un appel à la ratification universelle de la CADBE
L’une des conclusions attendues du forum de Tunis est un appel renouvelé à la ratification universelle de la Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant par l’ensemble des États membres de l’Union africaine. Plusieurs pays n’ont pas encore pleinement intégré ses dispositions dans leur législation nationale. Les organisateurs espèrent que les déclarations de ce 16 juin se traduiront par des engagements concrets lors de la prochaine session de l’Union africaine prévue à la fin du mois de juin 2026 à Addis-Abeba.