Un an à peine après son inauguration officielle à Figuil, dans la région du Nord, la cimenterie Cimencam Figuil (Cimfig) — filiale du groupe LafargeHolcim-Maroc Afrique — a été contrainte de suspendre sa production depuis le 4 juin 2026. En cause : une crise énergétique persistante qui prive le Réseau interconnecté Nord (RIN) d’une alimentation électrique suffisante. L’usine est ainsi devenue le premier grand site industriel officiellement retiré du réseau électrique du Grand Nord camerounais.
La crise hydrologique du barrage de Lagdo, source principale du RIN
Le Réseau interconnecté Nord est alimenté majoritairement par le barrage de Lagdo, situé dans la région du Nord. Or, ce barrage est en proie à des difficultés hydrologiques significatives, réduisant sa capacité de production électrique bien en deçà de la demande industrielle et résidentielle de la zone. Socadel, l’opérateur du réseau, a informé Cimfig dès le 2 juin 2026 d’une « crise énergétique majeure » en cours, avant de procéder au délestage forcé de l’usine. Les restrictions se sont appliquées progressivement, jusqu’à aboutir à une interruption totale de la production industrielle.
Le gouvernement rassure, mais la reprise tarde
Le ministre camerounais de l’Eau et de l’Énergie a reçu le 10 juin 2026 une délégation de Cimencam pour évaluer les conséquences de cet arrêt et dégager des pistes de reprise. Le gouvernement a promis d’explorer des solutions alternatives d’alimentation électrique, notamment via des groupes électrogènes de secours ou un branchement prioritaire sur le réseau national. Toutefois, aucune date de reprise n’a encore été communiquée, laissant l’usine et ses employés dans l’incertitude. Cette situation illustre la fragilité énergétique du Grand Nord, qui constitue un obstacle structurel à l’industrialisation de la région.
Un signal d’alarme pour l’attractivité industrielle du Grand Nord
L’arrêt de Cimfig envoie un signal préoccupant aux investisseurs potentiels souhaitant s’implanter dans le Septentrion camerounais. La capacité de production de l’usine était de nature à réduire la dépendance de la région aux approvisionnements en ciment en provenance du Sud. Des secteurs comme la construction, les travaux publics et la reconstruction post-conflit étaient directement concernés. Le problème énergétique révèle la nécessité urgente d’un investissement massif dans les infrastructures électriques du Grand Nord, condition sine qua non d’un développement industriel durable dans cette partie du territoire camerounais.