L’Alliance des États du Sahel (AES) — regroupant le Mali, le Burkina Faso et le Niger — a confirmé avoir considérablement renforcé sa force militaire conjointe, portée à 15 000 hommes à la mi-avril 2026, contre 5 000 lors de sa création. Cette montée en puissance s’est accompagnée de campagnes aériennes intenses menées sur le territoire malien, en réponse aux attaques jihadistes et aux offensives de groupes armés séparatistes touaregs dans les régions de Gao, Ménaka et Kidal.
Des frappes aériennes en réponse aux attaques du 25 avril 2026
Le 25 avril 2026, les régions nord-maliennes de Gao, Ménaka et Kidal ont été frappées par des attaques coordonnées attribuées à des jihadistes liés à Al-Qaïda et à des éléments séparatistes touaregs. En réponse, la force conjointe de l’AES a déclenché des « campagnes aériennes intenses », selon la terminologie officielle utilisée par Africanews. Ces frappes marquent une escalade dans la doctrine militaire de l’alliance, qui mobilise désormais ses capacités aériennes pour neutraliser des positions ennemies dans des zones difficilement accessibles par voie terrestre. Les bilans précis restent difficiles à établir indépendamment des communiqués officiels.
Un dispositif encore en quête de résultats probants
À mi-2026, la capacité des junte de l’AES à vaincre durablement les insurrections jihadistes reste un sujet de débat. Si la force conjointe a multiplié les opérations offensives, les groupes armés non étatiques continuent de contrôler des pans entiers de territoire au Mali, au Burkina Faso et au Niger. L’absence de présence internationale traditionnelle — après le retrait des forces françaises et le départ de la Mission onusienne de stabilisation au Mali (MINUSMA) — laisse l’AES face à l’ampleur de la tâche. La coopération avec des instructeurs russes et des unités paramilitaires liées au groupe Wagner est évoquée comme un élément clé du nouveau dispositif sécuritaire régional.
L’AES entre affirmation souverainiste et défis stratégiques
Sur le plan politique, les trois pays de l’AES continuent de s’affirmer sur la scène internationale en rejetant les cadres multilatéraux jugés contraignants. Le Mali a ainsi quitté l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) en mars 2025, suivi par Burkina Faso et Niger dans des dynamiques similaires. Leur retrait de la CEDEAO, effective depuis le début 2025, les a conduits à construire leurs propres mécanismes de coopération régionale, notamment dans les domaines monétaire, commercial et sécuritaire. La montée en puissance militaire de l’AES est ainsi indissociable de ce projet politique souverainiste plus large.