Le président gabonais de la Transition, le général Brice Clotaire Oligui Nguema, s’est adressé au Parlement le lundi 15 juin 2026, dans le cadre de l’exercice annuel prévu par la Constitution. Cet allocution — exigence constitutionnelle — a permis au chef de l’État de décliner les grandes orientations de sa politique, mettant un accent particulier sur le repositionnement du Gabon sur la scène diplomatique internationale, plus de deux ans après le coup d’État d’août 2023 qui avait renversé Ali Bongo Ondimba.
Un repositionnement diplomatique au cœur du discours
Oligui Nguema a souligné la volonté du Gabon de diversifier ses partenariats stratégiques, tout en maintenant un dialogue ouvert avec ses partenaires traditionnels, notamment la France et l’Union européenne. Ce discours de recentrage intervient alors que le Gabon fait partie des pays épinglés par le Bureau régional des Nations Unies pour l’Afrique centrale (UNOCA) pour un rétrécissement de l’espace civique. Le rapport de l’UNOCA, présenté au Conseil de sécurité le 9 juin 2026, a noté des avancées institutionnelles mais également une tendance au recul des libertés politiques et civiles dans plusieurs pays de la sous-région.
La transition politique gabonaise à mi-chemin
Depuis le coup d’État du 30 août 2023, le Comité pour la Transition et la Restauration des Institutions (CTRI) dirige le pays. Si plusieurs réformes ont été engagées — rédaction d’une nouvelle Constitution adoptée par référendum, remaniements institutionnels — la question du calendrier électoral et du retour à un régime civil reste centrale. Des organisations de la société civile gabonaise et des partenaires internationaux demandent des garanties quant à la tenue d’élections libres et transparentes dans des délais raisonnables. Oligui Nguema a réaffirmé son engagement à mener la transition à son terme, sans préciser de date butoir.
Le Gabon dans le concert des nations centrafricaines
Dans le contexte régional, le Gabon entretient des relations complexes avec la CEMAC et les autres États membres, notamment en raison des arriérés de contributions financières aux institutions communes. Le rapport présenté lors de la 45e session du Conseil des ministres de l’UEAC à Brazzaville le 13 juin 2026 a signalé 231 milliards de FCFA d’arriérés accumulés par les États membres, un problème structurel qui affecte le fonctionnement des institutions régionales. Le positionnement diplomatique d’Oligui Nguema devra donc s’accompagner d’une normalisation des engagements financiers du Gabon vis-à-vis de ses partenaires régionaux.