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Santé / Société

Malnutrition en Afrique de l’Ouest et du Centre : niveau record depuis 10 ans, l’UNICEF tire la sonnette d’alarme

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L’OCHA et l’UNICEF tirent la sonnette d’alarme : l’insécurité alimentaire et la malnutrition en Afrique de l’Ouest et du Centre ont atteint leur niveau le plus élevé depuis dix ans. La crise s’étend désormais aux pays côtiers, qui étaient jusqu’ici relativement préservés. Des millions d’enfants de moins de cinq ans sont touchés par la malnutrition aiguë, une situation jugée catastrophique par les organisations humanitaires actives dans la région.

Des chiffres qui alertent la communauté internationale

Selon les données compilées par l’OCHA et le PAM, un enfant de moins de cinq ans meurt toutes les onze secondes des conséquences de la malnutrition en Afrique. En Afrique de l’Ouest et du Centre, un enfant sur trois souffre de malnutrition aiguë modérée (MAM). Les stocks nutritionnels des centres de santé de la région sont épuisés ou fortement réduits, tandis que les prix des denrées alimentaires ont atteint des niveaux inaccessibles pour la majorité des ménages vulnérables. Cette équation — manque d’approvisionnement, hausse des prix, affaiblissement des systèmes de santé — crée un cercle vicieux dont les enfants paient le prix fort.

Les facteurs structurels d’une crise aggravée

Plusieurs facteurs convergents expliquent cette dégradation. Les conflits armés qui sévissent au Sahel, au bassin du lac Tchad et dans plusieurs zones côtières provoquent des déplacements massifs de populations, coupant des communautés entières de leurs terres agricoles et de leurs circuits d’approvisionnement. Le changement climatique accentue l’irrégularité des pluies et la fréquence des sécheresses, réduisant les rendements agricoles. Enfin, les difficultés économiques globales — hausse du coût des intrants, inflation alimentaire — réduisent la capacité des États à financer leurs politiques nutritionnelles nationales. Le résultat est un écart croissant entre les besoins des populations et les ressources disponibles pour y répondre.

Appels urgents au financement international

Face à cette situation critique, les organisations humanitaires multiplient les appels à la mobilisation des bailleurs de fonds internationaux. L’UNICEF et ses partenaires réclament un financement d’urgence pour reconstituer les stocks d’aliments thérapeutiques prêts à l’emploi (ATPE), essentiels dans le traitement de la malnutrition aiguë sévère. Des réformes structurelles sont également préconisées : renforcement des systèmes alimentaires locaux, protection sociale ciblant les femmes enceintes et les enfants en bas âge, et investissements dans la résilience agricole. L’enjeu est de taille : sans intervention rapide et à l’échelle adéquate, la situation risque de se détériorer encore davantage au cours de la saison sèche 2026-2027.

⚠️ Article rédigé par la rédaction de Le Sahel TV · Sources : OCHA, UNICEF, PAM, Croix-Rouge française