Dans la soirée du lundi 16 juin 2026, le Sénat de la République démocratique du Congo a adopté à l’unanimité la proposition de loi fixant les conditions d’organisation du référendum. Les 89 sénateurs présents ont voté en faveur du texte, déjà validé par l’Assemblée nationale, dans un climat politique marqué par les vives critiques de l’opposition. Ce vote ouvre officiellement la voie à une révision éventuelle de la Constitution de 2006, un sujet brulânt en RDC depuis plusieurs mois.
Un texte « technique » aux enjeux hautement politiques
Officiellement présentée comme une loi purement technique encadrant la procédure référendaire, cette proposition de loi est interprétée par l’opposition comme le premier pas vers une révision constitutionnelle qui permettrait à Félix Tshisekedi de se maintenir au pouvoir au-delà de 2028, en remettant à zéro le compteur de ses mandats présidentiels. Des figures de l’opposition comme SK Della ont averti le président contre ce qu’elles qualifient de « trahison » de la mémoire des 13 parlementaires tués lors des combats pour l’adoption de la Constitution actuelle, ainsi que de celle d’Étienne Tshisekedi.
La société civile et l’Eglise catholique en alerte
La société civile congolaise, regroupée au sein de plusieurs plateformes citoyennes, a déploré la précipitation avec laquelle le parlement a validé ce texte sans consultation populaire préalable. La Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), dont le rôle dans la médiation politique est historiquement reconnu, a appelé à la prudence et au respect de l’esprit de la Constitution. Plusieurs analystes notent que toute tentative de révision de la Constitution en RDC — pays traumatisé par des décennies d’instabilité institutionnelle — risque d’exacerber les tensions dans un pays déjà fragillisé par le conflit à l’Est.
Prochaines étapes et réactions internationales
Après l’adoption par les deux chambres, le texte sera transmis au président de la République pour promulgation. Des observateurs étrangers et des diplomates accrédités à Kinshasa suivent de près l’évolution de la situation. L’Union africaine et l’Union européenne n’ont pas encore formellement commenté la décision du Sénat, mais des sources diplomatiques indiquent que des discussions sont en cours pour clarifier les intentions du gouvernement congolais. La question d’un possible retour au nom de « Zaïre », évoquée par certains proches du pouvoir, reste pour l’heure un sujet de spéculation.