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Santé

Cameroun : deux ans après l’introduction du vaccin antipaludique RTS,S, quel premier bilan ?

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Le 22 janvier 2024, le Cameroun est devenu le premier pays au monde à intégrer le vaccin antipaludique RTS,S (Mosquirix) dans son programme élargi de vaccination (PEV) de routine, un événement historique salué par l’OMS. Plus de deux ans après ce lancement pionnier, il est temps de dresser un premier bilan de la mise en œuvre de cette campagne de vaccination contre le paludisme, qui touche l’ensemble du pays mais priorise les régions à forte transmission comme le Septentrion, le Centre, le Littoral et l’Est.

Le paludisme, une charge sanitaire écrasante pour le Cameroun

Le contexte justifie pleinement cette initiative. En 2023, le Cameroun représentait 3 % des cas mondiaux de paludisme et 1,9 % des décès liés à cette maladie, selon le Severe Malaria Observatory. Il occupait la troisième place des pays d’Afrique centrale les plus affectés, avec près de deux millions de cas déclarés par an. Les enfants de moins de cinq ans et les femmes enceintes sont les groupes les plus vulnérables. Dans les régions septentrionales, les pics de transmission coïncident avec la saison des pluies (juin–octobre), créant chaque année une sur-sollicitation des structures de santé déjà sous-dimensionnées.

Premiers résultats et défis de la vaccination de routine

Les premières données collectées par le MINSANTE et ses partenaires (OMS, UNICEF, GAVI) font apparaître des résultats encourageants dans les districts-pilotes où la couverture vaccinale a été la plus élevée : une réduction des hospitalisations pédiatriques pour paludisme sévère de l’ordre de 20 à 30 % a été observée sur les zones d’étude. Cependant, les défis logistiques restent importants : chaîne du froid insuffisante dans les zones rurales, difficultés à atteindre les enfants nomades et les communautés éloignées dans le Septentrion, et persistance de réticences liées à des rumeurs sur le vaccin.

Une ambition africaine, un modèle à consolider

Le succès camerounais a déjà inspiré plusieurs autres pays africains qui envisagent d’introduire le RTS,S dans leurs PEV. La Tanzanie, la Côte d’Ivoire et le Burundi ont amorcé des démarches similaires en 2025. Pour l’OMS/AFRO, le Cameroun représente un laboratoire précieux dont les leçons — qu’elles soient positives ou liées aux obstacles rencontrés — doivent être documentées et partagées. Avec l’arrivée de la saison des pluies 2026, les équipes de santé communautaire sont mobilisées pour renforcer les campagnes de rattrapage dans les zones où la couverture reste inférieure à l’objectif de 80 %.

⚠️ Article rédigé par la rédaction de Le Sahel TV · Sources : OMS/AFRO, Severe Malaria Observatory, MINSANTE Cameroun, GAVI