Le gouvernement camerounais, avec l'appui de la coopération allemande (GIZ), lance un programme ambitieux de formation professionnelle destiné à mille jeunes des régions septentrionales du pays. Doté d'une enveloppe de 3,5 milliards de francs CFA, ce dispositif s'échelonnera de 2026 à 2028 et cible prioritairement les départements les plus vulnérables de l'Adamaoua, du Nord et de l'Extrême-Nord. L'objectif central est de donner aux jeunes des compétences techniques concrètes afin de les insérer dans le marché du travail local et de limiter les facteurs de marginalisation qui alimentent la radicalisation.
Un dispositif multisectoriel ancré dans les besoins locaux
Le programme couvre des filières variées, notamment l'agropastoralisme, la construction, la transformation agroalimentaire, la couture et la mécanique, secteurs identifiés comme porteurs dans les régions concernées. Des centres de formation partenaires existants seront renforcés en équipements et en formateurs certifiés. Une attention particulière est accordée aux jeunes femmes et aux personnes déplacées intérieures, qui représentent une part significative des populations fragilisées dans cette zone touchée par les conflits armés.
Lutter contre la radicalisation par l'inclusion économique
Le Septentrion camerounais est confronté depuis plus d'une décennie à la menace de Boko Haram et à ses dérivés, qui exploitent le désœuvrement et la pauvreté pour recruter. Les experts soulignent que la formation professionnelle constitue l'un des leviers les plus efficaces de prévention de la violence extrémiste. En offrant des perspectives économiques stables, ce type de programme vise à rompre le cycle vulnérabilité-radicalisation qui touche particulièrement les 15–35 ans dans les zones frontalières.
Une coordination entre acteurs publics, privés et internationaux
La mise en œuvre du programme repose sur un partenariat étroit entre le ministère de l'Emploi et de la Formation professionnelle, les délégations régionales concernées, la GIZ et des opérateurs privés locaux. Des dispositifs de suivi-évaluation seront intégrés dès le démarrage pour mesurer l'impact sur l'insertion professionnelle des bénéficiaires. Ce programme s'inscrit dans la stratégie nationale de développement du Cameroun et dans les priorités de la coopération bilatérale avec l'Allemagne pour le développement durable du Grand Nord.