LE SAHEL TVL'info africaine 24h/24
← Retour à l'accueil
AES & Sahel

AES : la coopération militaire anti-jihadiste au cœur de la stratégie régionale en 2026

Alliance États du Sahel coopération militaire jihadisme 2026

L'Alliance des États du Sahel (AES), regroupant le Burkina Faso, le Mali et le Niger, fait de la coopération militaire intégrée l'axe prioritaire de sa politique de sécurité en 2026. Dans un contexte marqué par leur départ de la CEDEAO et la fin des mandats de la MINUSMA et de Barkhane, les trois pays ont intensifié les exercices militaires conjoints, le partage de renseignements et le déploiement de leur force unifiée sur les zones les plus exposées. Ce tournant sécuritaire s'inscrit dans une vision de « souveraineté défensive » affichée par les trois gouvernements de transition.

Une menace jihadiste persistante malgré les efforts militaires

Le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM/JNIM), affilié à Al-Qaïda, et l'État islamique au Grand Sahara (EIGS) maintiennent une pression constante sur les trois pays membres de l'AES. Les régions frontalières du Liptako-Gourma, entre le Burkina Faso, le Mali et le Niger, demeurent particulièrement exposées. Des attaques régulières contre des convois militaires, des villages et des axes routiers confirment que malgré les efforts consentis, aucune région ne peut encore être considérée comme totalement pacifiée.

De nouveaux partenaires au service de la sécurité régionale

Après le retrait des forces françaises et des missioœs onusiennes, les pays de l'AES ont diversifié leurs partenariats militaires. La Russie, via le groupe Wagner devenu Africa Corps, fournit des instructeurs et des équipements au Mali et au Burkina Faso. Des drones de surveillance et des hélicoptères de combat ont été livrés dans le cadre de ces accords. Par ailleurs, des relations sécuritaires sont entretenues avec la Turquie et la Chine, même si celles-ci restent moins visibles sur le plan opérationnel. Cette diversification vise à réduire la dépendance vis-à-vis de tout partenaire unique.

Vers une architecture de sécurité propre à l'AES

Les responsables militaires des trois pays travaillent à la création d'une architecture de sécurité intégrée propre à l'AES, distincte des mécanismes de la CEDEAO ou de l'Union africaine. Cela comprend un centre de commandement conjoint, des brigades d'intervention rapide prépositionnées aux frontières et des protocoles communs de réponse aux crises. Si l'ambition est réelle, les analystes soulignent que la capacité d'absorption logistique et financière de ces trois États reste limitée, ce qui pose la question de la pérennité du dispositif sans un soutien extérieur accru.

⚠️ Article rédigé par la rédaction de Le Sahel TV · Sources : Maliactu.net, Journaldufaso.com, APSACO Rabat 2026