Bamako a accueilli la première réunion des ministres de l'Économie et des Finances des États membres de l'Alliance des États du Sahel (AES) — le Mali, le Burkina Faso et le Niger. Cette rencontre vise à poser les bases d'une coopération financière approfondie dans le cadre de la Confédération des États du Sahel, proclamée en juillet 2024. L'agenda porte notamment sur l'harmonisation des politiques fiscales, le financement du commandement militaire unifié et la mise en place d'un mécanisme commun de mobilisation des ressources intérieures.
Des institutions communes à consolider
En moins de trois ans, l'AES s'est dotée d'une architecture institutionnelle ambitieuse : présidence tournante, traité de confédération, passeport biométrique commun, banque d'investissement, droit de douane unifié, drapeau, hymne, chaîne de télévision et commandement militaire de 5 000 hommes. Mais le financement pérenne de ces structures reste un défi majeur, en l'absence de bailleurs de fonds extérieurs traditionnels que les trois pays ont progressivement écartés. La réunion de Bamako devrait aboutir à des recommandations concrètes sur les mécanismes de contribution nationale et de mutualisation des ressources.
La monnaie commune, chantier toujours ouvert
Parmi les sujets les plus sensibles figure la question d'une monnaie commune AES, dont l'annonce avait suscité des attentes importantes lors de la création de la confédération. Les trois pays utilisent actuellement le franc CFA (XOF) émis par la BCEAO, institution dont ils ont annoncé leur retrait sans en fixer la date définitive. Les experts présents à Bamako ont rappelé les préalables techniques à la création d'une monnaie régionale : convergence des indicateurs macréconomiques, mise en place d'une banque centrale commune, réserves de change suffisantes et cadre réglementaire robuste. Le calendrier précis de cette transition reste à définir. La réunion s'inscrit dans un contexte de pression diplomatique maintenue de la part de la CEDEAO, que l'AES a officiellement quittée fin 2024.