Dans un rapport publié le 18 juin 2026, les Nations unies dressent un bilan sombre de la situation politique et sécuritaire en Afrique centrale : « les crises s’accumulent, les libertés reculent ». Ce document de l’ONU Info intervient dans un contexte régional marqué par plusieurs transitions politiques non encore apaisées, la persistance de conflits armés et une pression croissante sur la société civile. La sous-région « avance sur une ligne de crête », note le rapport : élections et réformes institutionnelles d’un côté, conflits transfrontaliers et restriction des libertés de l’autre.
Le Soudan, principal foyer de déstabilisation régionale
La guerre civile au Soudan, entamée en avril 2023, continue de produire des effets en cascade sur l’ensemble de la région. Plus de 900 000 réfugiés soudanais ont franchi la frontière orientale du Tchad depuis le début du conflit, mettant à rude épreuve les capacités d’accueil d’un pays lui-même engagé dans une transition politique fragile. La République centrafricaine, quant à elle, voit régulièrement des violences resurgir à sa frontière nord-est, alimentant des mouvements de population vers le Cameroun et le Tchad.
La CEEAC tente de se réinventer
Face à ces défis, la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC) cherche à se renouveler. Avec une nouvelle équipe dirigeante installée en début d’année, l’organisation a présenté un plan stratégique 2026–2030 ambitieux, mettant l’accent sur la paix et la sécurité, l’intégration économique et la bonne gouvernance. Mais les experts restent réservés : la CEEAC souffre depuis des années d’un sous-financement chronique et d’une faible application de ses décisions par les États membres.
La question des droits politiques au cœur du rapport onusien
Le rapport onusien met spécifiquement en lumière la restriction de l’espace civique dans plusieurs pays de la sous-région. Des élections reportées, des médias inforcés au silence, des opposants emprisonnés ou en exil : l’ONU demande aux gouvernements concernés de garantir un espace d’expression et de participation pour les citoyens, condition nécessaire à toute stabilisation durable. Le cas du Burkina Faso, sanctionné le 12 juin 2026 pour manquements à ses engagements institutionnels, illustre la tension entre les autorités de transition et les cadres régionaux.