La 4e réunion des ministres de l’Industrie, du Commerce et du Secteur privé de la Confédération des États du Sahel (AES) s’est tenue à Ouagadougou du 13 au 15 juin 2026, sous la présidence du Premier ministre burkinàbè Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo. L’objectif central de cette rencontre était de transformer les engagements politiques en actions concrètes pour accélérer l’intégration économique entre le Burkina Faso, le Mali et le Niger.
Vers l’élimination des barrières commerciales intra-confédérales
Les experts réunis les 13 et 14 juin ont dresssé un bilan des recommandations précédentes et identifié les obstacles persistants au commerce entre les trois pays : tracasseries aux postes frontalières, pratiques de racket, lourdeurs administratives et différences de réglementation. Le marché unique sahélien envisagé devrait, à terme, permettre la libre circulation des marchandises, des services et des personnes entre Bamako, Niamey et Ouagadougou sans double taxation ni barrières non tarifaires.
Protection des industries naissantes et harmonisation des textes
Un des chantiers prioritaires identifiés est l’harmonisation des codes d’investissement et des réglementations douanières pour protéger les industries naissantes des trois pays contre la concurrence déloyale et les perturbations économiques extérieures. Des mécanismes de règlement des différends commerciaux spécifiques à l’espace confédéral sont également à l’étude. Les délégués du secteur privé des trois États ont été associés aux travaux, une première dans le cadre des instances de l’AES.
Des enjeux économiques considérables
L’AES regroupe des pays enclavés aux économies complémentaires : le Mali riche en or et coton, le Burkina Faso en ressources minières et agricoles, le Niger en uranium et pétrole. Le commerce intra-régional entre les trois pays représentait moins de 3 % de leurs échanges totaux en 2025, un chiffre que les autorités confédérales souhaitent porter à 15 % à l’horizon 2030. La prochaine réunion est prévue en septembre 2026 à Bamako pour faire le point sur la mise en œuvre des décisions adoptées lors de ce sommet de Ouagadougou.