Les ministres des Affaires étrangères de l’Afrique du Sud et du Rwanda se sont rencontrés le 17 juin 2026 à Pretoria dans le cadre d’une réunion bilatérale visant à restaurer des relations diplomatiques endommagées par plusieurs années de tensions liées au conflit dans l’est de la République démocratique du Congo. Les deux parties ont exprimé leur volonté commune de normaliser leurs rapports et de renforcer leur coopération sur les dossiers régionaux.
Des tensions enracinées dans la crise congolaise
Les relations entre Kigali et Pretoria s’étaient considérablement dégradées après que l’Afrique du Sud eut déployé des soldats au sein de la Mission de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) dans l’est du Congo pour contrer le groupe rebelle M23, soutenu selon Kinshasa par le Rwanda. Kigali avait à plusieurs reprises contesté la présence militaire sud-africaine, qu’elle considérait comme un soutien implicite aux Forces armées de la RDC (FARDC). Plusieurs incidents dipomatiques avaient suivi, com&plicant les relations entre les deux puissances africaines.
Un réalignement progressif sous l’égide de l’UA
Le rapprochement intervient dans le sillage des efforts de médiation menés par l’Union africaine et de l’accord de cessez-le-feu signé en février 2026 entre la RDC et le Rwanda sous égide internationale. L’Afrique du Sud, qui assume une présidence tournante au sein de l’UA, cherche à consolider son rôle de médiateur et de puissance stabilisatrice sur le continent. La réunion de Pretoria a abouti à la création d’un groupe de travail bilatéral chargé de proposer une feuille de route pour la normalisation complète des relations d’ici fin 2026.
Des implications pour la stabilité régionale
Ce rapprochement entre Pretoria et Kigali est perçu positivement par les observateurs régionaux, qui y voient un signal encourageant pour la stabilisation de l’Afrique centrale et australe. La normalisation des relations entre les deux pays pourrait faciliter une approche concertée sur la question des groupes armés dans l’est de la RDC et renforcer l’efficacité des mécanismes de sécurité régionaux, notamment dans le cadre de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL).