L’Afrique réalise en 2026 une performance économique inédite dans son histoire : le continent affiche un taux de croissance de 4,6 %, dépassant pour la première fois celui de l’Asie. Cette donnée, mise en exergue par plusieurs organisations économiques internationales dont la Banque africaine de développement (BAD) et le Fonds monétaire international (FMI), est saluée comme un tournant symbolique majeur, même si des nuances importantes s’imposent pour en apprécier la portée réelle.
Les moteurs de cette croissance remarquable
Plusieurs facteurs contribuent à cette performance. La montée en puissance du secteur numérique et des fintechs africaines, notamment en Afrique de l’Ouest et de l’Est, a stimulé une nouvelle génération d’entreprises. L’exploitation de ressources naturelles — pétrole, gaz, minerais critiques — dans de nouveaux pays producteurs comme le Sénégal, la Tanzanie et la Namibie a également contribué à cette dynamique. Le continent bénéficie par ailleurs de la réorganisation des chaînes d’approvisionnement mondiales, qui amènent des investisseurs à se repositionner en Afrique pour diversifier leurs sources d’approvisionnement en minerais stratégiques.
Des disparités importantes entre pays et régions
Cette performance d’ensemble masque néanmoins d’importantes disparités. Les économies dynamiques — côte d’ivoire (7,2 %), Sénégal (6,8 %), Côte d’Ivoire, Éthiopie — tirent les moyennes vers le haut, tandis que des pays affectés par des conflits ou des chocs climatiques, comme le Soudan, la République centrafricaine ou certains pays du Sahel, restent bien en dessous de la moyenne continentale. La Banque mondiale note que la croissance devra être plus inclusive pour réduire efficacement la pauvreté et les inégalités.
Les défis qui persistent
Malgré ce signal positif, les économistes préviennent que l’Afrique doit poursuivre ses réformes structurelles pour consolider cette dynamique. Le poids du service de la dette reste élevé pour de nombreux États, notamment au Kenya, en Zambie et au Ghana. La dépendance aux exportations de matières premières expose les économies africaines aux fluctuations des marchés mondiaux. L’accès à une énergie abordable et fiable, le développement des infrastructures et l’amélioration du capital humain constituent des priorités absolues pour transformer la croissance actuelle en développement durable.