Le Congrès mondial des sage-femmes, organisé à Lisbonne par la Confédération internationale des sage-femmes (CIM) à partir du 14 juin 2026, a été marqué par un scandale diplomatique majeur : au moins 20 intervenantes venues d’Afrique et d’Asie — parmi lesquelles des professionnelles du Nigeria, du Rwanda, du Burundi, d’Éthiopie, de Sierra Leone et de la République démocratique du Congo — se sont vu refuser leur visa par les autorités portugaises à la dernière minute, les empêchant de participer à l’évènement.
Des experts clés privés de parole
Parmi les intervenantes bloquées figuraient des expertes reconnues en santé maternelle et néonatale, dont certaines étaient prévues pour animer des ateliers pratiques sur des techniques obstétricales essentielles dans les pays à ressources limitées. La CIM a exprimé sa profonde consternation et a publié une déclaration officielle déplorant que « les voix du Sud global soient systématiquement marginalisées dans les grands événements scientifiques et académiques internationaux ». Plusieurs participantes ont pu toutefois intervenir à distance via vidéoconférence, une solution d’urgence qui ne remplace pas la présence physique.
Une discrimination systémique dénoncée
Cette situation, loin d’être isolée, illustre une réalité récurrente : les professionnels de santé africains et asiatiques se heurtent régulièrement à des obstacles administratifs disproportionnés pour accéder à des conférences internationales en Europe ou en Amérique du Nord. Des organisations comme Médecins Sans Frontières et l’Organisation mondiale de la santé ont relayé l’indignation de la communauté médicale et appelé les gouvernements occidentaux à mettre en place des procédures d’obtention de visa allégées pour les professionnels de santé invités à des congrès scientifiques internationaux.
Un enjeu de santé publique mondiale
Ce congrès portait précisément sur un enjeu critique de santé publique mondiale : réduire la mortalité maternelle et néonatale, qui reste dramatiquement élevée en Afrique subsaharienne. Selon l’OMS, l’Afrique représente près de 70 % des décès maternels mondiaux. Les expertises et expériences de terrain des professionnelles bloquées étaient donc indispensables pour alimenter les débats et les recommandations adoptées à Lisbonne, dont la portée concerne au premier chef les pays d’où elles sont originaires.