Les indicateurs économiques d’Afrique centrale pour la période de la première quinzaine de juin 2026 restent mitigés. Les brèves économiques publiées par la Direction générale du Trésor français pour la semaine du 8 au 12 juin pointent un contexte de pression financière dans la zone CEMAC, marqué notamment par une contraction persistante du crédit bancaire et une conjoncture matérielle difficile pour les entreprises de la sous-région.
Crédit bancaire : une chute de 20 % au premier trimestre 2026
L’une des données les plus préoccupantes de la période reste la baisse de près de 20 % du crédit bancaire aux entreprises dans la zone CEMAC au cours du premier trimestre 2026, par rapport à la même période en 2025. Ce recul reflète à la fois une aversion accrue au risque des établissements bancaires, liée notamment à la dégradation du profil de certains États emprunteurs, et un resserrement de la politique monétaire de la BEAC visant à contenir l’inflation importée. Pour les PME et les opérateurs économiques de la région, l’accès à la liquidité demeure un obstacle majeur à la croissance.
Gabon : les négociations avec le FMI se poursuivent
Au Gabon, le gouvernement de transition mené par le général Brice Oligui Nguema continue ses discussions avec le Fonds monétaire international (FMI) en vue d’un accord de financement. Les négociations portent sur un programme d’ajustement économique incluant une consolidation budgétaire et une amélioration de la gouvernance des finances publiques. L’accord, attendu dans les prochains mois, devrait permettre à Libreville de débloquer des financements extérieurs et de rassurer les investisseurs sur la trajectoire économique du pays après le coup d’État d’août 2023.
Perspectives : la diversification, condition de la résilience
Face à ces défis, les économistes spécialistes de l’Afrique centrale insistent sur la nécessité de réduire la dépendance aux matières premières — pétrole au Gabon et au Congo-Brazzaville, bois et cacao au Cameroun — pour construire des économies plus résilientes. Les rapports récents de la Banque africaine de développement (BAD) et de la Banque mondiale soulignent que la croissance du continent africain reste globalement soutenue (à 4,6 % en 2026 selon certaines estimations), mais que la sous-région d’Afrique centrale accuse du retard par rapport à l’Afrique de l’Est et de l’Ouest dans sa trajectoire de transformation économique.