Adopté en décembre 2025, le budget de l’État camerounais pour l’exercice 2026 s’élève à 8 816,4 milliards de FCFA, en hausse de près de 7 % par rapport à l’année précédente. Placé sous le signe de la « consolidation de la stabilité et de l’accélération du développement », ce budget accorde une place substantielle aux régions septentrionales, longtemps considérées comme moins favorisées en termes d’allocations budgétaires.
Des infrastructures structurantes pour le Nord
Dans le secteur des travaux publics, plusieurs projets routiers majeurs concernent directement le Septentrion : la poursuite de la réhabilitation de la route nationale 1 (Yaoundé–Garoua–Maroua), le bitumage de l’axe Mora–Limani et la construction d’ouvrages hydrauliques dans les départements du Mayo-Sava et du Logone-et-Chari. Ces projets mobilisent des financements conjoints de l’État, de la BAD et de la Banque mondiale. L’objectif est de désenclaver les zones rurales tout en améliorant l’accès aux marchés pour les producteurs agropastoraux.
Eau, santé et éducation en priorité
Le volet social du budget alloue des enveloppes significatives pour la construction de centres de santé intégrés (CSI) dans les villages isolés du Grand Nord, ainsi que pour des forages d’eau potable dans les zones de retour de personnes déplacées. Le MINEDUB prévoit la construction de 120 salles de classe supplémentaires dans l’Extrême-Nord, en partenariat avec l’UNICEF et l’Union européenne. La desserte énergétique reste un défi : plusieurs villages du Mayo-Tsanaga attendent leur raccordement au réseau d’électrification rurale depuis des années.
Le défi de l'exécution budgétaire
Si les dotations sont là, la question de l’exécution reste posée. Au premier trimestre 2026, le taux d’exécution des dépenses d’investissement dans les régions du Nord et de l’Extrême-Nord est estimé à 18 %, inférieur à la moyenne nationale de 23 %. Les acteurs locaux pointent les problèmes d’accès liés à l’insécurité et les difficultés de mobilisation des entreprises de BTP dans les zones sensibles. La revue budgétaire de mi-année prévue en juillet sera déterminante pour accélérer le rythme des décaissements.