Le Conseil d’administration de la Banque mondiale a approuvé le 12 juin 2026 un financement de 525 millions de dollars américains destiné à la première phase du Projet de reconstruction et de valorisation économique du corridor Douala-Bangui. L’enveloppe se répartit entre le Cameroun (425 millions USD), la République centrafricaine (90 millions USD) et la CEMAC pour la coordination régionale (10 millions USD). Il s’agit du plus grand financement jamais accordé par la Banque mondiale à un projet d’infrastructure en Afrique centrale.
Un corridor vital pour l'enclavement de la RCA
Long d’environ 1 400 km, le corridor Douala-Bangui constitue la principale voie d’approvisionnement de la République centrafricaine, païs sans littéral. Plus de 80 % des importations et exportations de la RCA transitent par ce corridor, qui traverse le Cameroun depuis Douala jusqu’à la frontière à Garoua-Boulaiï. La route se caractérise par de longues sections non bitumées, des ponts vétustes et des postes de contrôle multiples qui alourdissent les coûts de transport et réduisent la compétitivité des économies des deux pays.
Des travaux de réhabilitation et une facilitation du commerce
Les fonds seront utilisés pour la réhabilitation de 580 km de route, la construction ou rénovation de 12 ouvrages d’art majeurs, la modernisation du poste frontalier de Garoua-Boulaiï avec des systèmes de contrôle juxtaposés, et la mise en place d’une plateforme numérique de suivi des transports et de paiement dématérialisé des redevances. Ces mesures devraient réduire les délais de transit de 30 à 40 % selon les projections de la Banque mondiale, et faire baisser les coûts logistiques pour les exportateurs des deux pays.
Un levier de développement régional
Au-delà de l’infrastructure physique, le projet intègre une composante « développement des zones économiques spéciales » le long du corridor, avec la création de marchés ruraux et de plateformes agro-industrielles dans les villes d’étape. Le Cameroun espère valoriser les potentialités agricoles et minières de l’Est et de l’Adamaoua, régions longtemps sous-exploitées. La CEMAC salue ce projet comme un « pivot de l’intégration régionale » et souhaite l’étendre à terme vers Ndjaména et Malabo.