Le dernier rapport de situation de l’OCHA sur l’Extrême-Nord camerounais (période janvier-mars 2026) dresse un tableau alarmant : 15 300 personnes ont été nouvellement déplacées au cours des trois premiers mois de l’année, principalement dans les départements du Logone-et-Chari et du Mayo-Tsanaga. Plus d’un million de personnes se retrouvent en situation d’insécurité alimentaire sévère selon le cadre harmonisé IPC.
Des déplacements forcés par des crises multiples
Les nouvelles vagues de déplacement sont le résultat d’une accumulation de facteurs : les attaques des groupes armés non étatiques (GANE) liés à Boko Haram restent une menace permanente dans les localités proches du lac Tchad et de la frontière nigériane. Par ailleurs, des tensions intercommunautaires—notamment entre éleveurs et agriculteurs—ont éclaté dans plusieurs arrondissements du Logone-et-Chari. Des incendies répétés dans des sites d’accueil ont encore aggravé la situation de milliers de déplacés internes déjà vulnérables.
Un million de personnes en insécurité alimentaire sévère
L’OCHA et ses partenaires alertent sur la détérioration rapide des moyens d’existence des populations, en lien avec l’afflux continu de réfugiés fuyant les violences au Nigeria et en République centrafricaine. Le Cadre harmonisé révèle que plus d’un million de personnes dans la région sont en phase IPC 3 ou au-delà, ce qui signifie une insuffisance alimentaire aigüë nécessitant une assistance urgente. Les zones les plus affectées restent les départements du Lac, du Logone-et-Chari et du Mayo-Sava, où l’accès humanitaire demeure difficile en raison des tensions sécuritaires.
Appel à un financement humanitaire accru
Les agences onusiennes et les ONG présentes dans la région réclament un renforcement urgent du financement humanitaire. Le plan de réponse pour l’Extrême-Nord est encore loin d’être intégralement financé, laissant de nombreux secteurs—nutrition, eau et assainissement, protection—sous-dotés. Face à la dégradation climatique et aux enjeux sécuritaires persistants, les humanitaires appellent à une réponse multisectorielle intégrée pour sortir ces populations du cycle de la vulnérabilité.