Le ministre camerounais de la Défense a présidé une réunion opérationnelle régionale consacrée à la situation sécuritaire dans le Septentrion. Face à la recrudescence des attaques de groupes armés non étatiques (GANE) dans les départements de l’Extrême-Nord, il a ordonné une remobilisation des effectifs militaires et paramélitaires déployés dans le Grand Nord du Cameroun, réaffirmant la détermination de Yaoundé à protéger les populations civiles.
Une situation sécuritaire qui se détériore dans l’Extrême-Nord
Depuis le début de l’année 2026, les départements du Lac, du Mayo-Sava et du Logone-et-Chari ont enregistré une hausse des incidents sécuritaires attribués à des éléments dispersés de Boko Haram et à des groupes armés d’origine tchadienne. Les forces de défense et de sécurité (FDS) avaient pourtant mené de nombreuses opérations depuis 2014 sous l’égide de la Force multinationale mixte (FMM), qui regroupe le Cameroun, le Nigeria, le Tchad, le Niger et le Bénin. La résurgence de violences témoigne de la capacité de résilience des groupes armés et de la complexité de l’environnement opérationnel.
Un dispositif renforcé au sol et des ressources supplémentaires
Dans le cadre de cette remobilisation, de nouveaux contingents ont été acheminés depuis Yaoundé et les régions du Centre et du Littoral vers les zones à risque du Grand Nord. Des ressources logistiques supplémentaires — véhicules blindés légers, moyens de communication et matériel médical de campagne — ont été acheminées pour renforcer les garnisons existantes. Le commandement de la force a également réactivé les patrouilles mixtes associant militaires et comités de vigilance communautaires (CIVIPOL), jugés essentiels pour le renseignement de proximité.
La dimension régionale au cœur de la stratégie
Le Cameroun n’entend pas faire face seul à cette menace transfrontalière. Yaoundé réclame une plus grande coopération des pays voisins, en particulier le Tchad et le Nigeria, pour fermer les corridors d’infiltration utilisés par les GANE. La réunion du Mindef a également abordé le renforcement des capacités de renseignement partagé au sein de la FMM, dont l’efficacité dépend largement de la coordination entre États membres. La protéction des populations civiles et la libération des couloirs humanitaires demeurent les priorités absolues du commandement.