Les premières grandes averses de la saison des pluies 2026 ont déjà fait des victimes dans l’Extrême-Nord du Cameroun. Des inondations soudaines ont touché les arrondissements de Koza et Mora dans le Mayo-Tsanaga, détruisant des habitations et forcçant des familles entières à fuir leurs villages. Cette situation s’ajoute à la crise humanitaire cumulant déjà plus de 15 300 déplacés enregistrés au premier trimestre 2026 selon les rapports de l’OCHA.
Des communautés vulnérables frappées dès le début de la saison
Les pluies torrentielles qui se sont abattues sur les zones de piémont de la région Extrême-Nord ont provoqué des crues rapides dans des zones déjà fragilisées par les conflits et l'insécurité alimentaire. À Koza, village déjà endeuillé plus tôt ce mois par la mort d'une jeune femme emportée par les eaux, de nouvelles habitations en banco ont été inondées ou emportées. Les populations, souvent sans ressources suffisantes pour se relocaliser, campent en bordure de route dans l'attente d'une assistance humanitaire. Les ONG présentes dans la région ont alerté dès le début du mois sur les risques liés à la saison des pluies pour des communautés qui n'ont pas eu le temps de reconstituer leurs stocks alimentaires.
La saison des pluies, un facteur aggravant de la crise multidimensionnelle
L’Extrême-Nord fait face depuis plusieurs années à une crise dite « multidimensionnelle » par l’OCHA : insécurité persistante liée à Boko Haram, préssion sur les ressources naturelles, crise alimentaire chronique et vulnérabilité aux aléas climatiques. La saison des pluies, pourtant indispensable pour l’agriculture, représente aussi un risque majeur pour les infrastructures défaillantes et les habitations précaires. Le rapport de situation n° 64 de l’OCHA, couvrant le premier trimestre 2026, avait déjà identifié les zones de Koza, Mora et Kolofata comme à haute vulnérabilité pour la période juin-septembre.
Les autorités et acteurs humanitaires en alerte préventive
Face à ces événements, les autorités locales et les partenaires humanitaires ont activé leurs plans de contingence pour la saison des pluies. Des stocks de vivres d’urgence ont été prépositionnés dans plusieurs chefs-lieux d’arrondissement. Le Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR) et le Programme alimentaire mondial (PAM) ont annoncé des distributions ciblées à destination des familles les plus affectées. Les autorités administratives de la région ont appelé les populations à éviter les zones inondables et à signaler les incidents à la protection civile. La prise en charge des déplacés reste toutefois un défi de taille, dans un contexte de financement humanitaire insuffisant pour la région.