La situation sécuritaire dans le Grand Nord du Cameroun continue de préoccuper les autorités militaires et humanitaires. Selon les données actualisées de l’OCHA, le nombre d’incidents liés aux engins explosifs improvisés (EEI) a presque quadruplé en 2026 par rapport à la même période de 2025, passant de 2 à 9 incidents recensés sur les principaux axes routiers. Cette hausse alarme tant les forces de défense que les acteurs de l’aide humanitaire, qui redoutent une perturbation des accès aux zones de crise.
Des axes routiers ciblés, une mobilité humanitaire menacée
Les EEI sont placés en priorité sur les axes reliant Mora, Kousseri et Maroua, des voies empruntées quotidiennement par les convois humanitaires et les civils. La pose de ces engins vise à entraver les mouvements des forces armées camerounaises mais cause également des victimes civiles et perturbe gravement la chaîne d’approvisionnement en vivres et médicaments. Plusieurs missions de distribution alimentaire ont dû être repoussées ou reformatées pour emprunter des it inéraires alternatifs plus sûrs, mais aussi plus longs et coûteux.
Le BIR et l’armée camerounaise intensifient les patrouilles
En réponse à cette montée en puissance des incidents, le ministère de la Défense (MINDEF) a renforcé son dispositif dans les zones les plus affectées. Le Bataillon d’intervention rapide (BIR) mène des patrouilles renfocées sur les routes stratégiques du Mayo-Tsanaga et du Logone-et-Chari. Des drones de surveillance sont également déployés pour détecter les activités suspectes le long des axes vulnérables. Malgré ces efforts, les experts soulignent que la poro sité des frontières avec le Nigéria et le Tchad facilite les infiltrations de groupes armés liés à Boko Haram et à l’ISWAP.
L’impact sur les populations civiles et l’aide humanitaire
L’escalade sécuritaire a des répercussions directes sur la vie quotidienne des habitants du Grand Nord. Des marchés hebdomadaires ont été suspendus dans certaines localités, privant les agriculteurs et commerçants de leurs seules sources de revenus. L’accès aux soins de santé est également complicé, certains centres de santé étant temporairement fermés ou inaccessibles. Selon les estimations des Nations Unies, près d’un million de personnes vivent sous insécurité alimentaire sévère dans la région, une situation que la détérioration sécuritaire ne fait qu’aggraver davantage.