Le président de la République Démocratique du Congo, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a procédé le 13 juin 2026 au lancement officiel du programme « RDC-PASS », un système d’identité numérique unique destiné à chaque citoyen congolais. Cette initiative ambitieuse s’inscrit dans la stratégie nationale de transformation digitale et vise à améliorer l’accès aux services publics, à réduire la fraude documentaire et à faciliter l’inclusion financière de millions de Congolais encore sans identité officielle.
Un numéro unique pour unifier les registres étatiques
Le RDC-PASS attribue à chaque citoyen congolais un identifiant numérique unique, interopérable entre les différentes administrations de l’État. Concrètement, ce numéro permettra de lier l’état civil, le registre électoral, les données fiscales et les accès aux soins de santé et à l’éducation au sein d’une même empreinte numérique. Le système devrait éliminer les doublons et faciliter les démarches administratives qui nécessitaient auparavant de multiplier les déplacements et les documents papier. Le gouvernement estime que plus de 30 % de la population congolaise adulte serait actuellement dépourvue d’une pièce d’identité officielle.
Un chantier technique et logistique colossal
La mise en œuvre du RDC-PASS représente un défi considérable dans un pays de 100 millions d’habitants répartis sur un territoire grand comme l’Europe occidentale, dont une large partie reste encore peu connectée. Le gouvernement prévoit de s’appuyer sur un réseau d’agents enrôleurs mobiles et de centres d’enregistrement dans les chefs-lieux de province et de territoire, avec une phase pilote couvrant d’abord Kinshasa, Lubumbashi, Goma et Mbuji-Mayi. Des partenariats techniques ont été signés avec plusieurs sociétés spécialisées en biométrie pour garantir la fiabilité et la sécurité des données personnelles collectées.
Un outil au service de l’intégration économique et de l’inclusion
Au-delà de l’aspect administratif, le RDC-PASS est présenté par le gouvernement comme un levier d’inclusion économique majeur. Disposer d’une identité reconnue est en effet un préalable à l’ouverture d’un compte bancaire, à l’accès au mobile money et à la signature de contrats formels. Ce programme s’articule également avec les ambitions de la RDC de monétiser son immense potentiel minier et énergétique en facilitant la mobilisation des recettes fiscales. Les observateurs restent toutefois prudents quant aux délais de déploiement, compte tenu des difficultés énergétiques et infrastructurelles chroniques du pays.