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Santé — Innovation

Drépanocytose : le Drépaf, médicament générique made in Sénégal, une révolution pour l’Afrique

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La drépanocytose, maladie génétique du sang qui touche principalement les populations d’Afrique subsaharienne, pourrait connaître un tournant décisif avec l’arrivée sur le marché du Drépaf. Ce premier médicament générique de l’hydroxyurée, développé et produit au Sénégal, représente une avancée majeure pour les patients africains qui n’avaient jusqu’à présent accès aux traitements qu’à des coûts prohibitifs. Selon l’OMS, plus de 300 000 enfants naissent chaque année avec une forme majeure de drépanocytose, dont près de 75 % en Afrique subsaharienne.

Une maladie longtemps négligée dans les systèmes de santé

Malgré son impact considérable sur la qualité de vie des patients — crises douloureuses récurrentes, anémie chronique, risque de décès prématuré —, la drépanocytose a longtemps été une maladie orpheline en termes de recherche et d’investissement pharmaceutique. Les pays africains, qui concentrent la majorité des cas mondiaux, n’avaient pas les moyens de produire localement les médicaments disponibles et devaient les importer à des prix élevés. Le manque d’accès aux traitements se traduit par une mortalité infantile élevée : dans les pays à faibles revenus, de nombreux enfants atteints ne dépassent pas l’âge de cinq ans sans prise en charge adéquate.

Le Drépaf, symbole d’une souveraineté pharmaceutique africaine

Le Drépaf, issu de la recherche menée par des équipes médicales sénégalaises en partenariat avec des universités africaines, illustre la montée en puissance de la recherche pharmaceutique sur le continent. Produit localement au Sénégal, ce générique de l’hydroxyurée — traitement de référence pour réduire la fréquence des crises — permettra de diviser par dix le coût du traitement pour les patients africains. Le Cameroun, qui compte parmi les pays à forte prévalence de drépanocytose, espère intégrer le Drépaf dans son programme national de lutte contre la maladie. Des discussions sont en cours entre les ministères de la Santé de plusieurs pays de la région pour l’intégrer dans les listes nationales des médicaments essentiels.

Des défis persistants pour la prise en charge

Malgré cette avancée prometteuse, de nombreux défis subsistent. Le diagnostic précoce de la drépanocytose reste insuffisant dans de nombreuses régions d’Afrique centrale et de l’Ouest, y compris au Cameroun. Des campagnes de dépistage néonatal, notamment dans les régions éloignées du Septentrion où l’accès aux structures de santé reste limité, sont indispensables pour que les enfants bénéficient d’une prise en charge précoce. Le Drépaf n’est qu’une première étape : il devra être accompagné d’un renforcement des systèmes de santé et d’une formation accrue des personnels soignants pour transformer durablement la prise en charge de la drépanocytose sur le continent.

⚠️ Article rédigé par la rédaction de Le Sahel TV · Sources : OMS, Santé Afrique, AllAfrica, Rapport 2026 sur les médias de santé