En 2026, le continent africain est devenu l’arène principale d’une compétition économique et géopolitique de premier ordre. Les grandes puissances — États-Unis, Union européenne, Chine et de plus en plus l’Inde — se livrent une bataille stratégique pour sécuriser l’accès aux minerais critiques qui alimentent la transition énergétique mondiale : cobalt, lithium, manganèse, graphite, terres rares. L’Afrique concentre des gisements parmi les plus importants au monde de ces matériaux, et les gouvernements africains commencent à mieux comprendre et faire valoir leur pouvoir de négociation.
La RDC et la Zambie, pivots du cobalt et du lithium mondial
La République Démocratique du Congo fournit environ 70 % de la production mondiale de cobalt, indispensable aux batteries de véhicules électriques et aux téléphones portables. La Zambie voisine possède les sixièmes réserves mondiales de cuivre et d’importants gisements de lithium. Ces deux pays ont annonce en 2024 la création d’une zone économique spéciale pour la transformation des minerais sur place, dans l’objectif de ne plus exporter de matière brute mais des batteries ou des composants transformés. Ce glissement vers la valeur ajoutée locale est fortement soutenu par la Banque africaine de développement (BAD) et constitue l’un des exemples les plus avancés de la nouvelle doctrine économique africaine. Des investissements significatifs en infrastructure électrique, de transport et de formation sont nécessaires pour réaliser ce potentiel.
Le risque de la « malédiction des ressources » face à la nouvelle donne
L’histoire africaine est pourtant marquée par le paradoxe des pays riches en ressources mais pauvres en développement humain, un phénomène que les économistes nomment la « malédiction des ressources ». Les études publiées par la Banque mondiale en avril 2026 avertissent que la croissance africaine, attendue à 4,1 % en 2026, risque de bénéficier davantage aux secteurs extractifs et aux exportateurs qu’aux populations les plus vulnérables, si des politiques redistributives et de diversification économique ne sont pas mises en place. Des pays comme le Nigeria, l’Angola ou le Gabon, fortement dépendants des recettes pétrolières, sont contraints de repenser leurs modèles économiques dans un contexte de transition énergétique mondiale et de pression accrue sur les émissions de carbone.
Les nouvelles exigences africaines dans la négociation des contrats miniers
Un changement de paradigme notable s’observe dans les négociations des contrats miniers sur le continent en 2026. Plusieurs gouvernements africains ont renforcé leurs codes miniers pour exiger des taux de royalties plus élevés, des participations étatiques au capital des sociétés extractives, des clauses de transformation locale et des programmes de contenu local contraignants. La RDC a notamment renforcé ces dispositions en 2025, créant des tensions avec certains investisseurs étrangers mais affirmant la souveraineté économique de l’État sur ses ressources naturelles. Cette posture de négociation plus ferme modifie le rapport de force avec les multinationales minières et les puissances qui les soutiennent diplomatiquement.