C’est une décision aux allures de tournant pour le Grand Nord. Le président Paul Biya a tranché en faveur du tracé occidental de la future ligne ferroviaire devant relier le Cameroun au Tchad, un chantier estimé à près de 4 829 milliards de francs CFA. La notification formelle a été transmise au ministère des Transports, ouvrant la voie à l’un des plus vastes projets d’infrastructure jamais engagés dans le Septentrion.
Un axe structurant pour l’Adamaoua, le Nord et l’Extrême-Nord
Le tracé retenu reliera successivement Ngaoundéré, capitale de l’Adamaoua, puis Garoua, chef-lieu du Nord, avant d’atteindre Maroua, métropole de l’Extrême-Nord, et enfin Kousseri, ville frontière stratégique aux portes du Tchad. En desservant les trois régions septentrionales, l’infrastructure ambitionne de désenclaver un vaste territoire longtemps pénalisé par l’éloignement des grands centres économiques et la dépendance à la seule route nationale.
Un enjeu économique et géostratégique majeur
Au-delà du Cameroun, le projet doit prolonger la voie en territoire tchadien jusqu’à N’Djamena, offrant au Tchad enclavé un accès ferroviaire vers le port de Douala. Pour les opérateurs économiques du Septentrion, la perspective d’un transport de marchandises plus fiable et moins coûteux suscite de fortes attentes. Le coût colossal du chantier et son calendrier de réalisation restent toutefois au cœur des interrogations, dans un contexte de financements publics sous tension.
Des discussions encore en cours avec N’Djamena
Si Yaoundé a arrêté son choix sur le corridor occidental, la coordination avec le Tchad demeure un point sensible : N’Djamena a tenu à préciser qu’aucune validation définitive du tracé transfrontalier n’avait encore été actée de son côté. Les prochaines étapes passeront par des études techniques approfondies et la mobilisation des partenaires financiers. Pour les populations du Grand Nord, l’essentiel se jouera dans la capacité à transformer cette annonce en chantier réel.