L’Afrique dispose-t-elle des moyens de financer son propre développement ? Le rapport 2026 de la Banque africaine de développement, intitulé « Mobiliser des ressources à grande échelle pour le financement du développement de l’Afrique dans un monde fragmenté », dresse un constat sans complaisance : le continent reste vulnérable aux chocs externes et dépendant de ressources financières insuffisantes.
Un déficit annuel colossal
Selon l’institution, l’investissement doit augmenter massivement pour combler un déficit annuel de financement du développement estimé à environ 1 300 milliards de dollars. Un fossé vertigineux, mais que la BAD juge surmontable : le continent pourrait mobiliser jusqu’à 1 430 milliards de dollars supplémentaires par an en améliorant l’efficacité de la mobilisation de ses propres ressources, notamment fiscales.
Le coût de l’inefficience
Le rapport met l’accent sur un mal endémique : la gestion défaillante des fonds publics. Plus de 40 % des investissements publics seraient perdus à cause d’inefficiences dans la conduite des projets. Une meilleure gouvernance pourrait, à elle seule, générer près de 299 milliards de dollars supplémentaires par an. L’enjeu n’est donc pas uniquement de lever davantage de ressources, mais de les dépenser plus efficacement.
Une croissance résiliente mais fragile
Sur le plan macroéconomique, la croissance du continent est attendue à 4,2 % en 2026, contre 4,4 % en 2025, avant un rebond anticipé à 4,4 % en 2027. Une dynamique honorable au regard du contexte mondial, mais insuffisante pour absorber la pression démographique et réduire significativement la pauvreté. La BAD plaide pour des politiques d’investissement plus solides et une mobilisation accrue de l’épargne intérieure.